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lundi 4 novembre 2013

This Man confessed de Jodi Ellen Malpas

L'endroit où leur histoire d'amour a commencé, Le Manoir, se remplit d'invités pour ce qui devrait être le plus beau jour de la vie d'Ava et de Jesse. Elle a accepté qu'elle n'arriverait jamais à dompter la férocité de Jesse et elle ne veut pas. Leur amour est profond, leur connexion puissante, mais juste alors qu'elle pense avoir réussi à passer au dessus de la façade qu'il affiche toujours, davantage de questions émergent ce qui amène Ava à penser que Jesse Ward n'est probablement pas l'homme qu'elle pense qu'il est. Il sait trop bien comment l'emmener dans un endroit au delà de l'extase... mais l'emmènera-t-il aussi au bord du désespoir? Il est temps pour cet homme de se confesser.


Le volet final de la triologie de Jesse Ward et Ava O'Shea. On retrouve ici une Ava complètement déstabilisée entre son mariage, sa grossesse et Jesse ... J'ai toujours pris autant de plaisir à lire le dernier livre. Quand j'ai eu fini de le lire, je ne pensais plus qu'à une chose, recommencer à lire les trois bouquins. Je n'avais pas envie de déjà quitter Jesse et Ava. On retrouve ici aussi, tous les "méchants" qu'on aimerait bien gifler à l'occasion. J'ai vraiment adoré les trois bouquins et je sais qu'ils ne quitteront pas ma table de nuit avant un bon moment. J'ai besoin de mon petit moment privilégié avec Jesse tous les jours. C'est parfois un véritable trou du cul, mais en même temps, je lui pardonne volontiers vu tout l'amour qu'il éprouve pour Ava. C'était vraiment une trilogie magnifique. A lire et à relire inlassablement. Merci Jodi pour ton merveilleux travail ;-)
Beneath this Man de Jodi Ellen Malpas

Jesse Ward la submerge avec son intensité et la déconcerte avec sa passion mais il la garde à distance de ses secrets les plus sombres et de son âme torturée. Le quitter était le seul moyen pour Ava O'Shea de survivre. Elle aurait dû savoir qu'il est impossible d'échapper à Jesse Ward et maintenant il est de retour dans sa vie, déterminé à lui rappeler les plaisirs sensuels qu'ils ont partagés. Ava est également déterminée à découvrir la vérité qui se cache sous l'extérieur d'acier de cet homme. Ce qui signifie qu'elle devra à nouveau se rapprocher du Seigneur du Manoir. Et c'est exactement là que Jesse la veut... à portée de main....


Dans ce deuxième volet, on en apprend davantage sur la vie trépidante de Jesse, les fonctionnalités du Manoir. Plus j'avance dans ma lecture et plus je suis folle de Jesse. Il y a une alchimie entre Ava et lui qui est incroyable. J'aime vraiment leurs échanges. Lui le dominant qui ne supporte pas qu'on lui tienne tête et elle qui n'écrase jamais et se rebelle sans arrêt. J'ai adoré le passage où elle l'a menotté à son lit juste pour qu'il avoue son âge et pour éviter sa colère grandissante, elle s'en va en lui laissant un poignet attaché et son téléphone portable pas trop éloigné pour qu'il réussisse à appeler quelqu'un à l'aide. Enfin, une bonne suite à "This Man". Je ne me lasse absolument pas de cette trilogie qui, pour moi, est un vrai bijou.
This Man de Jodi Ellen Malpas.

La jeune décoratrice d'intérieur Ava O'Shea n'a aucune idée de ce qui l'attend au Manoir. Une consultation ordinaire avec un homme barbant de la campagne est plus que probable, mais à la place, Ava rencontre Jesse Ward, un playboy irrésistiblement beau, complètement sûr de lui, recherchant le plaisir et qui ne connaît aucune limite.
Ava ne veut pas être attirée par cet homme, et pourtant elle ne peut contrôler l'irrésistible désir qu'il réveille en elle. Elle sait que son coeur n'y survivra pas et son instinct lui dit de courir, mais Jesse n'est pas d'accord de la laisser partir. Il la veut et est déterminé à l'avoir.


J'ai vraiment adoré l'histoire, l'interaction entre les deux personnages centraux, l'endroit où se déroule l'histoire (Londres est une ville que je connais relativement bien), un mélange passionnant de tension, de sexe, d'amour. Tout ce dont j'avais besoin. Un vrai chef d'oeuvre ! Bravo Jodi pour m'avoir donné un moment de pur bonheur avec ce livre. Malheureusement pour l'instant, il n'est pas encore sorti en français, espérons que ça ne tardera pas trop !! Pour moi ce livre mérite un 10/10 ;-)

jeudi 12 septembre 2013

The vampire with the dragon tattoo de Kerrelyn Sparks (tome 14).

Nous retrouvons ici Dougal, un des vampires écossais qui avait perdu sa main lors d'un combat précédent. On lui a installé une prothèse et il arrive à bien s'en servir pour manier l'épée, malheureusement pour jouer de la cornemuse, c'est beaucoup plus compliqué. Il doit concentrer son esprit pour pouvoir manipuler sa main artificielle et il aura quelques soucis lorsqu'une charmante doctoresse fera son apparition. Sans compter cette étrange sensation de grésillement le long de son tatouage de dragon.
Leah qui est une jeune doctoresse douée en génétique, débarque dans cet univers qu'elle découvre rempli de vampires, de shifters. Elle est d'abord effrayée mais s'habituera très vite et tombera rapidement sous le charme de Dougal. Leur amour survivra-t-il à toutes ces épreuves qui les attendent?


Encore un magnifique bouquin écrit par mon auteur préférée. Comme toujours du rire, de la joie, de la peine, j'ai été consumée et très touchée par l'histoire de Dougal. Encore un écossais en kilt qui m'a bien fait rêver. L'histoire est vraiment excellente et on retrouve pas mal des anciens personnages, on en découvre de nouveaux et ce livre nous permet de voyager des Etats-Unis à la Chine en passant par l'Ecosse. Un vrai régal. Merci Kerrelyn pour ce magnifique livre, on attend avec impatience l'histoire de Zoltan. Pour les lecteurs français, il faudra attendre un peu pour la traduction mais les dix premiers tomes sont en vente au Canada en version française. Bonne lecture !

lundi 26 août 2013

Joriandre Carpe Noctem Chapitre 4

Chapitre 4

Philippe a posé la robe à plat sur le cheval devant la selle pour ne pas trop la froisser et m'a aidée à monter derrière lui. Ensuite nous sommes partis. J’avais mis mes mains autour de sa taille pour me tenir et posé ma joue contre son dos. Puis innocemment, j’ai descendu une de mes mains et je l’ai posée sur son entrejambe. Immédiatement, il réagit à mon toucher.
« Mon amour, si tu continues comme ça, nous n’arriverons jamais à l’endroit que j’ai prévu.
Je me suis mise à rire doucement. J’aimais savoir que je pouvais lui donner envie de moi n’importe où et n’importe quand.
En pleine campagne, il s'est arrêté, a regardé autour de lui et est descendu.
« Il n'y a personne ici. Tiens, enfile cette robe. Nous allons à Versailles. J'ai demandé audience auprès du roi et je suis certain de ne pas rencontrer ma mère aujourd'hui au palais. »
J'ai enlevé mes vêtements et Philippe m'a aidée à enfiler et à fermer ma robe. Elle était vraiment magnifique et m'allait à merveille. Elle avait de longues manches qui se terminaient en pointe sur le dessus de la main, un joli décolleté et elle se laçait dans le dos. Elle était rehaussée de dentelle aux poignets, à la poitrine et dans le bas. Plusieurs tons de rouge s’alternaient et des motifs de fleurs avaient été soigneusement brodés.
Heureusement, je n'avais besoin de personne pour me coiffer. J'ai soigneusement attaché ma chevelure avec les peignes que Catherine avait confiés à Philippe et qui accompagnaient la robe afin que ce soit plus stylé pour paraître à la Cour. Un vieux rêve allait se réaliser pour moi. J'allais enfin voir nos souverains.
« Waow, tu es sublime, Joriandre. Si on avait un peu plus de temps, je m’amuserais bien avec toi. Mais ça attendra un peu. Et voici la dernière touche à ta tenue. »
Il sortit de sa poche un collier en or sur lequel pendait un gros diamant en forme de goutte et me l'attacha autour du cou. Nous avons fait un petit détour par le nord de Versailles, car Philippe avait besoin de la calèche d’un de ses amis. Nous ne pouvions pas arriver au château sur le dos d’un cheval. C’est Pierre qui nous a rejoints chez cet ami pour conduire l’attelage.

Arrivés aux premières grilles du château, Philippe a expliqué au garde que le roi l'attendait et nous sommes rentrés.
Nous avons dû patienter dans une salle immense et quelques minutes plus tard, on nous a conduits auprès du roi. J'avais vraiment l'impression d'être la princesse d'un conte de fée. C’était à la fois excitant et inquiétant. J’avais malgré tout peur de mal me tenir. Et si les souverains s’apercevaient de la supercherie, nous serions en très mauvaise posture.
Face au roi, nous nous sommes inclinés et avons fait la révérence qui était obligatoire vu le rang de la personne face à nous. J’étais très intimidée.
Louis XVI s'approcha de moi, me prit la main et me permit de me relever. J’en ai profité pour le détailler un peu mieux. Il n’était pas très beau et avait un nez assez proéminent. Philippe m'avait prévenue que je ne devais pas parler tant que le roi ne m'adressait pas la parole en premier. Il se tourna vers son chambellan.
« Allez me quérir Madame de Lamballe. »
Il revint quelques minutes plus tard avec une dame d’une trentaine d’années. Le roi reprit la parole.
« Madame, veuillez accompagner cette jeune demoiselle auprès de Sa Majesté la Reine. »

Elle m'a invitée à la suivre. Le palais était vraiment immense, toutes les salles se succédaient les unes après les autres, tant de beauté, tant de magnificence s’offrait à moi. Tous les murs étaient somptueusement ornés de tapisseries, d’or, de moulures, des toiles de maîtres recouvraient les plafonds. J’aurais pu passer des heures le nez en l’air pour admirer toute cette beauté qui m’entourait. Nous avons finalement rejoint la reine et sa cour qui discutaient dans la galerie des Glaces.
J'ai été étonnée de la voir. Je m'attendais à une personne hautaine et fière du style de Madame la Comtesse. Mais non, j'avais face à moi une jeune et jolie femme insouciante et gaie. J'ai eu l’honneur et la chance de faire un peu plus amplement sa connaissance. Elle est venue vers moi et a demandé aux autres dames qui étaient là de s'éloigner car elle voulait s'entretenir avec moi en privé. Elle m'a posé des tas de questions. Elle voulait savoir pourquoi j'étais venue voir le roi. Elle était certaine que c’était la première fois que je venais à Versailles et m’a demandé qui j’étais exactement et pourquoi je ne venais pas plus souvent au palais. Et je lui ai tout raconté, en omettant de lui dire que je n’étais pas noble. Elle avait l'air excitée par mon récit et m'a avoué qu'elle aurait voulu rencontrer quelqu'un qui l'aurait aimée autant que Philippe m'aimait. Elle n'avait pas eu la chance de choisir son époux. Elle m'a complimentée sur le collier que je portais et sur ma tenue.
« Félicitations Mademoiselle Clostaire, vous vous tenez très bien pour une première fois à la Cour.
-    C’est l’homme que j’aime qui m’a tout enseigné, Majesté. C’est un très bon professeur.
-    En tout cas, mignonne et gentille comme vous l'êtes, je suis certaine que sa Majesté mon Epoux vous donnera sa bénédiction. Vous méritez de vivre heureuse. En plus, vous ne pouviez choisir de meilleur parti que le jeune comte de Suresnes. Il y a pas mal de dames de la cour qui ont des vues sur lui. »
Ensuite la reine Marie-Antoinette a proposé de me montrer les jardins et les magnifiques fontaines qui faisaient la renommée de Versailles.

Pendant ce temps, Philippe discutait avec le roi.
« Alors mon cher Comte, quel bon vent vous amène à Versailles ?
-    Je suis venu vous demander une bénédiction, Majesté. Je vous en supplie, permettez-moi d'épouser la jeune fille qui m'accompagnait.
-    Vous n'y pensez pas sérieusement, mon cher Philippe. Ce serait avec joie que nous bénirions votre union avec cette demoiselle mais c'est impossible car nous avons déjà promis à vos parents de bénir votre union avec la charmante Henriette. Cependant, rien ne vous empêche de la prendre comme maîtresse. Nombreux sont ceux qui à la Cour ont plus d'une femme dans leur lit. Ceci dit, il est vrai que votre amie est bien plus exquise qu'Henriette. Nous sommes vraiment navré de ne pouvoir répondre favorablement à votre demande.
Philippe allait protester mais le roi ne lui en laissa pas le temps.
-    Je ne tolèrerai pas de discussion Monsieur le Comte. Maintenant, allons retrouver nos charmantes amies que nous apercevons dans les jardins. »
Philippe est venu me rejoindre avec sa majesté le Roi. Je pouvais à présent vérifier les dires de la reine à propos de mon ami. Toutes les jeunes femmes se retournaient effectivement sur son passage et l’admiraient avec pratiquement de la bave au coin des lèvres. Un soupçon de jalousie émergea dans mon cœur. Je ne supportais plus du tout l’idée qu’il pourrait se choisir une femme plus digne de lui que moi, une femme de la noblesse. Mais lui n’avait pas l’air de les remarquer, je pouvais m’apercevoir qu’il était très préoccupé. Apparemment son entretien ne s’était pas passé comme il l’entendait. Quelques minutes plus tard, il a demandé la permission de se retirer.
De nouveau, nous avons exécuté notre révérence et Marie-Antoinette m'a dit à ce moment qu'elle espérait de tout cœur me revoir un jour.

Nous sommes alors retournés chez Philippe et nous nous sommes installés dans sa chambre pour réfléchir tranquillement aux options qu’il nous restait.
« Et puis flûte ! Je n'ai besoin de la bénédiction de personne. Que dirais-tu de te marier le 2 juin ?  Nous inviterions juste nos amis et nous organiserions une petite fête dans la prairie derrière notre maison. Juste nous et ceux qui nous tiennent le plus à cœur. Pour le mariage idiot que projettent mes parents, nous verrons plus tard. Nous improviserons.»
Je lui ai dit que j'étais d'accord et je lui ai sauté au cou tellement j'étais heureuse. Je l’ai embrassé sur le coin de la bouche, sur les lèvres, puis j’ai glissé ma langue dans sa bouche et j’ai caressé sa langue avec la mienne.
Il m’a regardée avec un air coquin.
« Voilà une bien belle manière de détourner mes pensées, Jori.
Et il traversa la pièce comme un ouragan pour fermer la porte à clé.

Le lendemain matin, un peu avant l’aube, il s’est introduit dans ma chambre sur la pointe des pieds pour ne pas me réveiller et a laissé un mot à côté de moi sur le matelas. Il m'expliquait qu'il serait parti probablement toute la journée avec Maximilien pour organiser notre mariage. Ils devaient trouver un prêtre qui accepterait de nous marier en pleine nature et sans la présence des parents de Philippe. Quelqu’un qui n’aurait pas peur d’affronter leur courroux s’ils venaient à apprendre ce que nous nous apprêtions à faire.

Les jours passèrent et à la fin du mois d’avril, nous avons commencé à prévenir tous nos amis. Nous étions dans la chambre de Philippe et il avait demandé à Catherine de nous rejoindre. Elle est arrivée, munie de son mètre, d'un papier et d'un crayon.
« Assieds-toi, j'ai quelque chose à t’annoncer, lui dit Philippe. Je voudrais que tu couses une robe de mariée.
-    Pas de problèmes. Il suffit que je prenne les mesures d'Henriette.
-    Qu’est-ce que vous avez tous à vouloir me marier à Henriette ? demanda-t-il exaspéré. Tu n'as pas besoin d'Henriette car la future mariée est juste devant toi.
-    Je le savais, j’avais raison ! Je te taquinais, je me doutais bien qu’il se passait quelque chose entre vous » nous lança-t-elle joyeusement.
Elle me prit dans ses bras pour me féliciter. Elle était très heureuse pour nous et me promit la plus belle des robes de mariée. Philippe lui a donné de l'argent pour qu'elle puisse acheter tout le matériel nécessaire et il lui a bien recommandé de ne rien laisser traîner et de tout cacher car ses parents ne devaient se douter de rien.
Nous l'avons invitée à la cérémonie ainsi que François, Pierre et Raphaël. Nous leur avons fait promettre de ne rien dire à personne. Ils trouvaient tous qu'on formait un couple magnifique et étaient très contents pour nous.

Le lendemain, j'ai accompagné Catherine à Paris pour acheter de quoi me fabriquer une robe somptueuse. Nous avons regardé tous les tissus que le marchand proposait. Et finalement Catherine lui a passé une commande de plusieurs mètres de soie blanche et de dentelle. Elle a acheté toutes les petites pièces indispensables à la robe comme de la fine corde blanche, du fil à coudre et bien d'autres choses encore.
Dans l'après-midi, j'ai rendu visite à mon père. Ils étaient très bien installés à la campagne. J'ai invité toute ma famille au mariage. Mon père était très ému. Il m'a dit qu’il était très heureux de vivre à la campagne. L'air pur et de l'espace pour les enfants étaient les choses qu'il avait le plus souhaitées pour sa famille et  Philippe avait réalisé son rêve. C’est vrai que lorsqu'on vivait en ville et qu'on partait s'installer à la campagne, on sentait une différence. Et quand je parle de sentir une différence, je ne veux pas seulement parler du sentiment de liberté et de grands espaces qu’on pouvait éprouver mais bien de sentir avec son nez. Et oui, chers lecteurs, Paris au XVIIIème siècle était plein d'odeurs et bien souvent, elles n'étaient pas des plus agréables. N'oubliez pas qu'on n'avait pas encore inventé les toilettes publiques. Je vous laisse deviner quel genre d'odeurs régnaient en ville avec tous ces gens qui faisaient leur déjection dans les égouts. Les cabinets d’aisance étaient souvent réservés à la noblesse et même quand ils en avaient un, ils arrivaient encore à uriner dans le coin d’une pièce.
J'ai aussi expliqué à mon père que les parents de Philippe ne voulaient rien entendre de ses projets, qu'ils voulaient diriger sa vie et que pour cette bonne raison, ils n'étaient pas au courant de notre mariage. Mon père m'a alors dit que si les parents de mon futur mari ne m'appréciaient pas, c'est qu'ils étaient stupides.
En fait, je crois plutôt qu'ils étaient aveuglés par leur argent et le pouvoir qu'il leur conférait. Ils croyaient pouvoir tout acheter avec de l’or, même leur fils. Mais ils se trompaient.

Le 22 mai, la construction de notre maison était terminée.
C'était une grosse bâtisse avec deux petites tours aux extrémités qui lui donnaient des airs de château. L'intérieur aussi était prêt. Philippe leur avait donné des instructions un peu avant la mi-mai pour la place des meubles et la décoration à laquelle j'avais participé. Il ne nous restait plus qu'à emménager.
Mon compagnon alla donc trouver sa mère et lui annonça qu'il partait habiter dans sa nouvelle maison avec les domestiques qu'il avait choisis. Il prenait avec lui François, Catherine, Pierre et moi aussi bien sûr. Madame la Comtesse ne voulait pas laisser partir ses meilleurs domestiques et elle lui fit savoir. Evidemment, Philippe avait toujours de bonnes réponses en réserve pour sa mère.
« Je vous signale que ce ne sont pas des esclaves, Mère, et ils sont libres de choisir la personne pour laquelle ils vont travailler. Je leur ai posé la question et ils préfèrent m'accompagner. De toute façon, cela ne vous tuera pas d'en chercher des nouveaux. Au moins, pour une fois, vous ferez quelque chose de vos journées. François préparera mes affaires dès aujourd'hui afin de pouvoir emménager demain matin. »
Et il sortit de la pièce en laissant sa mère ruminer toute seule.
Dans l'après-midi, nous avons commencé à déménager les chevaux de Philippe et les miens ainsi que tout l'arsenal qui lui appartenait. Il avait fait construire une écurie derrière notre maison, elle était beaucoup plus petite que celle de ses parents mais nous ne prenions que nos trois chevaux. Nous avons aussi amené dans la maison mes affaires ainsi que celles des autres domestiques car ils passeraient tous la nuit là à l'exception de François qui nous aiderait le lendemain pour les vêtements et les objets personnels de Philippe. J'avais déjà installé toutes mes affaires dans notre future chambre.

Le lendemain matin, comme prévu, nous avons déménagé les derniers objets qui restaient encore au château de Madame la Comtesse. Elle nous surveillait de très près au cas où nous aurions pris quelque chose qu'il ne fallait pas. Notre besogne terminée, Philippe a dit au revoir à sa mère de très loin et nous avons rejoint notre paradis terrestre.

Dans l'après-midi, Maximilien nous a rendu visite. C'était la première fois que je le rencontrais et lui, il voulait connaître l'heureuse élue choisie par son ami. Il en avait marre d’entendre parler de moi sans arrêt et de ne pouvoir mettre un visage sur la petite amie si parfaite de Philippe. Il n'était pas mal du tout, il avait de longs cheveux blonds et des yeux noisette très clairs. Il avait 25 ans mais vivait encore seul. Je trouvais cela étrange étant donné qu'il était mignon et fortuné. Nous avons longuement discuté et nous nous sommes tout de suite entendus. On pouvait parler de tout avec lui et il était le premier à critiquer Marie-Louise, mon implacable future belle-mère. Il m'a expliqué qu'il avait préféré garder son statut de célibataire à cause d'une histoire de mariage arrangé. Faisant aussi partie de la noblesse, il avait refusé d'épouser la fille que ses parents lui avaient destinée et avait utilisé comme prétexte qu'il devait se concentrer énormément sur son travail et qu'il n'avait pas le temps d'aimer quelqu'un. Il était très tard ce soir-là quand il nous a quittés.

Cette nuit-là fut la première que je passais entièrement dans les bras de Philippe. Notre chambre était magnifique. La pièce était immense et au centre trônait un lit à baldaquin recouvert de draps rouge foncé. Les rideaux étaient de la même teinte mais dans un tissu presque transparent. Face au pied du lit, il y avait une cheminée dans laquelle j’aurai pu me tenir debout et à côté de la porte, une commode ravissante décorée et vernie. Quand j’ai franchi la porte, j’hésitais un peu. N’aurais-je pas dû dormir dans une autre chambre en attendant le jour du mariage ? C’est ce que prévoyait la coutume mais Philippe m’a gentiment poussée et a refermé la porte derrière lui.
« Pas question que tu te sauves mon amour. Nous dormons ensemble ce soir et pour toutes les autres nuits de notre vie. Ne te pose pas trop de questions sur ce qui est bien ou pas. On s’aime, c’est le principal et ce que pensent les autres, je m’en fiche. »
Il s’est approché de moi comme un loup s’approche d’un agneau. Il a passé sa main sur mon visage et j’ai tourné ma tête pour lui embrasser la paume. Puis il m’a prise dans ses bras et m’a embrassée avec empressement comme s’il avait attendu ça depuis longtemps. Il jouait avec sa langue dans ma bouche, la faisant aller et venir comme s’il simulait l’acte sexuel. Apparemment il était impatient et j’étais tellement excitée que je voulais qu’il me prenne là, tout de suite. Je voulais le sentir bouger entre mes cuisses le plus profondément possible, le sentir se cogner contre ma paroi tout au fond. Je voulais qu’il me prenne comme un animal. Tout en continuant à m’embrasser, il fit remonter ma robe et glissa ses doigts entre mes jambes.
« Et bien, mon amour, toujours prête à ce que je vois ».
Il glissa deux doigts à l’intérieur de mes plis humides récoltant un gémissement au passage.
-    Je t’en prie Philippe, prends-moi maintenant. Je veux te sentir profondément, bestialement d’abord. »
Je me suis libérée de son étreinte et me suis dirigée vers le lit. J’ai relevé ma robe jusqu’à la taille et je me suis penchée en tenant un des piliers du baldaquin. Une lueur malicieuse fit briller les yeux de Philippe. Il déboutonna son pantalon sans même se donner la peine de l’enlever, et à ce que j’apercevais aussi, il était plus que prêt pour moi. Il s’est rapidement approché de moi et avant que j’aie le temps de dire quoi que ce soit, il s’est enfoncé en moi d’un puissant coup de reins m’arrachant un petit cri de plaisir. Il attendit un instant savourant sa présence à l’intérieur de mon corps puis il commença à bouger. Il avait attrapé mes cheveux et tirait dessus à chaque fois qu’il me pénétrait. Il se retirait doucement et revenait puissamment en moi. Il prenait tout son temps.
Il glissa sa deuxième main sur le devant de ma cuisse et atteignit le bouton de mon plaisir. Je n’ai pas pu résister très longtemps à ce rythme-là et le cri de ma jouissance se répercuta dans la chambre. Des spasmes secouaient toujours mon corps quand Philippe m’a rejointe dans l’orgasme se déversant en moi. Heureusement qu’il me soutenait avec son bras car je crois que j’aurais pu me laisser tomber sur le sol tellement j’en avais les jambes qui tremblaient. Il m’a soulevée et m’a déposée gentiment sur le lit en m’embrassant. Il a fini de se déshabiller, puis m’a regardée avec son sourire charmeur.
« Enlève tes vêtements mon amour. Si dans dix minutes tu n’es pas déshabillée, je te les arrache pour la deuxième manche ! »
J’adorais son petit côté parfois un peu animal mais il se montra très doux, gentil et attentionné pour le deuxième round.

Le jour du mariage approchait à grands pas. Nous ne verrions certainement pas ses parents ce jour-là car ils devaient passer toute la journée à Versailles sur invitation du roi. Philippe avait bien choisi la date en fonction de leur emploi du temps.

Le 2 juin arriva enfin. Le prêtre devait arriver à midi pour célébrer son office. Il était à peine 11 heures et j'étais déjà habillée, maquillée et coiffée. Catherine avait fait des merveilles avec la robe. Le bustier était fermé par devant avec des lacets et offrait un décolleté raisonnable. Il  était échancré jusqu’à la moitié de mon dos et était décoré de perles, de dentelles et de broderies. Les manches étaient courtes, ce qui était très bien car par chance le temps était ensoleillé et chaud.
La jupe comme à l'époque était bouffante et était ornée de volants de soie et de dentelle. Elle avait fabriqué une sorte de serre-tête avec des petites fleurs blanches et elle y avait attaché le voile qui faisait environ 2 mètres de long.
François et Pierre avaient préparé la décoration. Dans la grande prairie derrière la maison, ils avaient installé des tables en demi-cercle pour la réception et un peu plus loin, ils avaient fabriqué un autel pour le prêtre avec des chaises pour pouvoir accueillir tout le monde. Nous étions 18 au total. Ma famille, Pierre, François, Catherine, Raphaël, Max (c'est souvent comme ça qu'on appelait Maximilien), Hadrien et le curé évidemment.
Cela faisait déjà une demi-heure que j'attendais dans ma chambre. J'étais tellement nerveuse que je n'arrêtais pas de tourner en rond. Pas moyen de tenir en place. Ce n'est pas tous les jours qu'on se marie. En plus, cela ne se produit généralement qu'une seule fois dans la vie. Je sais que ce n'est plus le cas maintenant mais à l'époque il y avait beaucoup moins de divorces.
Je n’arrivais pas à croire que Philippe et moi serions ensembles pour toute la vie. Un vrai conte de fées, mon rêve le plus cher allait enfin se réaliser. Passer une vie entière aux côtés de l’homme que j’aime plus que tout au monde, pour lequel je serais prête à sacrifier ma vie s’il le fallait, et auquel je souhaitais plus que tout donner une nombreuse descendance.

A midi tapante, le prêtre est arrivé et la cérémonie a pu commencer. Tout l'office était en latin. Heureusement que Philippe m'avait appris la plupart des choses qu'on pouvait dire pendant la messe. Quand il m'a passé mon alliance au doigt, j'ai été émerveillée. Je pensais avoir un anneau en or très simple, ce qui était déjà très bien car peu de personnes en portaient vu leur pauvreté. Imaginez-vous ma surprise lorsqu'il m'a mis au doigt un anneau de diamants. Il m'a tendu pour lui un anneau mais uniquement en or. Et voilà, nous étions mariés pour le meilleur et pour le pire jusqu'à ce que la mort nous sépare.
Le repas s'est déroulé dans la gaieté. Il y avait plein de victuailles et à volonté : oies, poulardes, coqs, lièvres, salades, pains… Les enfants étaient émerveillés devant tant de nourriture. Ils ne savaient pas par où commencer.
Tout le monde est reparti vers 17 heures, à part les domestiques de mon époux bien sûr. Il m'a dit que j'étais leur maîtresse aussi désormais, mais je ne parvenais pas à leur donner des ordres. Je trouvais cela stupide alors que nous étions amis.
J’avais envie de prendre l'air à l'écart de tout, alors nous nous sommes promenés main dans la main au milieu des fleurs de la prairie. Nous nous dirigions tranquillement vers la maison quand soudain Philippe s'est tourné vers moi avec un regard malicieux et m'a soulevée de terre. Il me tenait dans ses bras et courait pour atteindre notre demeure au plus vite. Heureusement que j’avais enlevé mon voile depuis un long moment car il aurait marché dessus. Je ne pouvais pas m'arrêter de crier tellement j'avais peur qu'il me laisse tomber. Arrivés à la porte, il a ralenti et m'a fait passer délicatement son seuil.
« Te voici chez toi, mon amour. Tu ne peux pas t'imaginer à quel point je suis heureux. »
Il m'embrassa et me conduisit dans notre chambre, au premier étage. Là, il s'est  décidé à me reposer par terre. Il s'est retourné et a fermé la porte à clé.
« Comme ça, on pourra être tranquille car je pense que je vais en avoir pour un bon bout de temps à te prouver comme je t’aime. »
Il est venu vers moi et m'a enlacée tendrement. Ensuite ses mains se sont dirigées vers ma poitrine et il a défait les lacets qui tenaient mon bustier. Ses lèvres chaudes se promenaient entre mon cou et mes seins et des frissons me parcouraient tout le corps. Il a pris ma tête entre ses mains et m’a embrassée passionnément. Sa langue s’est glissée entre mes lèvres et il m’a fait reculer lentement jusqu’à ce que l’arrière de mes jambes touche le lit et il m’a délicatement poussée. Je me suis retrouvée allongée sur le lit avec ma robe remontée et Philippe entre mes jambes. Il était parfois doux et attentif et d’autre fois un peu brute et sauvage mais il me donnait toujours mon plaisir d’abord avant de prendre le sien. J’aurais pu passer l'éternité avec lui dans un lit.
J'étais au comble du bonheur et j'aurais voulu qu'il dure toute la vie.

Après quelques ébats torrides, nous étions allongés l'un contre l'autre et je lui caressais la poitrine lorsque quelqu'un est venu frapper à la porte.
« Philippe, c'est votre mère. Ouvrez la porte ! »
Super ! Même si nous n'étions plus dans sa maison, elle continuait à nous embêter. Nous nous sommes rhabillés en quatrième vitesse et je me suis cachée dans la petite pièce attenante qui servait de placard à linges. J'ai emmené avec moi la robe de mariée et les vêtements de cérémonie de Philippe. Il a vite enfilé un pantalon et a attendu que j'aie bien refermé la porte derrière moi pour ouvrir à sa mère.
« Eh bien mon fils, vous en mettez du temps à ouvrir. Et depuis quand fermez-vous votre porte à clé ?
-    Depuis que j’ai envie de me reposer tranquillement sans qu'on vienne me déranger. Mais évidemment avec vous dans les parages, c'est impossible. »
J'avais collé mon oreille à la porte pour entendre leur conversation.
« Mon cher Philippe, qu'est-ce donc tout ce désordre dans le pré qui côtoie votre demeure ?
-    Rien du tout, Mère. J'ai organisé une petite fête pour célébrer mon arrivée dans cette charmante bâtisse.
-    Mon cher enfant, vous auriez pu au moins penser à inviter vos parents.
-    Malheureusement, Mère, si je vous avais invité, ce serait devenu un cauchemar et non une fête.
Elle prit un air offusqué mais continua quand même.
-    Enfin, peu importe. Si vous saviez à quel point je suis contente. J'arrive à l'instant de Versailles. Votre future épouse est vraiment charmante et elle me disait encore tout à l'heure à quel point elle était heureuse d'épouser un bel homme comme vous.
-    Lui avez-vous aussi dit, Mère, à quel point il m'est impossible de marier un laideron comme elle et stupide par dessus le marché.
-    Cessez vos enfantillages Philippe et allez au moins lui rendre une petite visite de courtoisie.
-    Si c'est là tout ce que vous aviez à me dire, Mère, vous pouvez disposer. J'ai entendu assez de niaiseries pour aujourd'hui. Vous réussiriez presque à me gâcher la journée. »
Elle sortit comme d'habitude furieuse contre son fils. Je pouvais entendre son pas lourd et pressé dans les escaliers.
Philippe a ouvert la porte derrière laquelle je me trouvais.
«  Ce n'est pas beau d'écouter aux portes. »
Il s'est mis à rire et m'a serrée dans ses bras.
« Est-ce que tu sais que ta mère est une vraie casse-pieds ?
-    Et « casse-pieds » est un petit mot, chérie. Mais ne parlons pas d'elle, veux-tu ? Elle me rendrait malade. »

Après le souper, nous sommes de nouveau sortis pour admirer notre propriété. Nous étions assis au pied d'un arbre sur une petite colline et nous observions notre maison qui paraissait si petite vue de loin.
J'avais posé ma tête sur son épaule et nous regardions le coucher du soleil. C'était magnifique de voir toutes ces couleurs éclatantes qui devenaient peu à peu plus sombres. Je me disais que la vie était merveilleuse.
J'avais le meilleur des maris et tout ce qui m'entourait était si beau, si enchanteur. J'étais au paradis.
Quand nous nous sommes enfin décidés à rentrer, il faisait nuit noire.

Je me suis levée à l'aube comme d'habitude et j'ai préparé le petit déjeuner de Philippe. Je me suis pratiquement fait gronder par Catherine car c’était à elle que revenait la tâche dorénavant de préparer nos repas. J’étais gênée de me faire servir par des gens que je considérais comme des amis. Vers 10 heures, un homme est arrivé et a demandé à voir Monsieur le Comte. A ce moment, je me suis vraiment aperçue que par alliance, j'étais devenue comtesse. Evidemment cela ne changeait rien pour moi. J'étais et je resterais toujours Joriandre. Les titres de noblesse ne m'ont jamais vraiment intéressée. Mais j’avais beaucoup de mal à m’y faire.
Ce monsieur était peintre et Philippe l'avait engagé pour faire notre portrait de mariage. Il voulait un souvenir de la journée où j’avais accepté d’être sa femme. Je suis donc allée mettre ma robe de mariée avec l'aide de Catherine pendant que François s'occupait d'habiller mon mari. Nous nous sommes ensuite rejoints dans la prairie où le décor floral de la veille nous attendait encore. Le temps était superbe, très ensoleillé.
C'était fatiguant de rester une journée complète sans bouger. Par chance, la pose était agréable. Nous étions debout l'un contre l'autre et il tenait mes mains dans les siennes. Le montage de fleurs que François et Pierre avaient réalisé nous encadrait et en arrière plan, l'artiste avait dessiné notre demeure. Vers 18 heures, le peintre est parti avec la toile pour pouvoir la terminer dans les plus brefs délais. Il nous promit de la ramener dans un mois environ car il avait encore pas mal de travail à effectuer dessus et vu ce que Philippe l’avait payé, il voulait que ce soit le plus beau des tableaux qu'il ait jamais peints. Et c'est vrai qu'il était magnifique. Dès qu'il l'a apporté à la fin du mois de juin, nous l'avons placé dans notre chambre. Un artisan avait fabriqué un cadre en bois avec des petits dessins gravés dessus. Il avait tout recouvert de dorure et dans le bas du cadre, une plaque de cuivre indiquait :

    Joriandre et  Philippe
         2 juin 1780. 

C'est vrai que vus comme ça et sans me vanter, nous formions un couple ravissant et bien assorti. Tout le monde le disait.
Notre bonheur était à son paroxysme. Nous avions construit autour de nous une sorte de paradis terrestre. Quand ce n’était pas moi qui lui prouvais tout mon amour, c’était lui qui m’embrassait, me disait qu’il m’aimait. J’étais perpétuellement enveloppée par notre amour. Nous vivions dans un vrai cocon et espérions y rester à l’abri du mal qui rôdait parfois dans les environs sous les traits de Marie-Louise.

Au début du mois de juillet, le roi a pris Philippe dans sa garde et il travaillait le plus souvent avec son oncle Hadrien.
Il adorait travailler pour le roi. En plus, il ne supportait pas de rester inactif alors ça l'occupait un peu.

L'hiver arriva et passa très vite. Quand il était à la maison, nous passions une grosse partie de notre temps sous les couvertures. Il faut dire qu'il faisait froid et que les chauffages de l'époque ne valaient pas grand chose par rapport à maintenant. Alors nous fabriquions de l'énergie comme nous pouvions. Nous avons passé aussi pas mal d’heures allongés en face de la cheminée sur des peaux de moutons. Nous n’avons pas vu Madame la Comtesse une seule fois pendant l'hiver. Elle aussi préférait rester chez elle et franchement nous ne nous en plaignions pas.

Alors que le soleil revenait petit à petit avec le printemps, ma chère belle-maman est venue rendre visite à son fils. Malheureusement pour elle, il travaillait toute la journée au palais. François l'a accueillie et lui a expliqué où elle pourrait le trouver mais elle voulait à tout prix déposer un petit mot dans sa chambre. Elle n'avait soi-disant pas le temps d'aller jusqu’à Versailles. Elle s'est dirigée vers la porte et a essayé de l'ouvrir mais elle était fermée à clé. J'avais pris l'habitude de toujours fermer quand je n'étais pas dans la pièce pour éviter que Marie-Louise ne tombe sur le portrait. Je savais que mes efforts seraient récompensés un jour. Elle a alors ordonné à François d'ouvrir et il lui a dit que j'étais la seule à posséder la clé.
Il est venu me chercher en courant car Madame la Comtesse piquait sa petite crise d'hystérie. Elle trouvait cela impensable de l'empêcher d'accéder à la chambre de son fils.
Je n'ai même pas eu droit à un bonjour quand je suis arrivée près d'elle cinq minutes plus tard.
« Dépêchez-vous d'ouvrir cette porte. Je n'ai pas que cela à faire ! » me lança-t-elle d’un air menaçant.
Je l'ai regardée droit dans les yeux avec un petit sourire arrogant aux coins des lèvres.
« De un, on dit s'il vous plaît quand on est polie et de deux, je ne vous ouvrirai pas cette porte tant que je n'aurai pas reçu l'autorisation du maître de ces lieux.
-    Petite effrontée, est-ce que vous oubliez à qui vous parlez ?
-    Pas du tout, mais vous n'avez rien à dire ici et je n'ai pas d'ordres à recevoir de vous. En plus, personne ne me punira comme vous l'avez fait la dernière fois, à moins que vous ne vouliez une autre gifle de votre fils. Je vous conseille donc de partir. Et si vous voulez lui rendre visite, vous n'avez qu'à vous rendre à Versailles. 
Vu sa tête, elle avait du mal à avaler tout ce que je lui disais.
-    Comment osez-vous agir comme la maîtresse de ces lieux? Vous n'êtes rien du tout. Si vous croyez pouvoir attirer mon fils dans vos bras, vous rêvez. Jamais il n'épousera une gueuse comme vous et je ferai tout pour que cela n'arrive jamais. »
Là-dessus, elle sortit en marmonnant entre ses dents. De mon côté, j’essayais tant bien que mal de me calmer car elle avait mis mes nerfs à rude épreuve.
Au moment où elle a mis ses pieds dehors, Catherine qui nettoyait au premier étage a balancé son seau d'eaux sales par la fenêtre. Il aurait pu tomber n'importe où, mais non, il a atterri sur Madame la Comtesse. Ses cheveux étaient tout plats et son maquillage coulait le long de ses joues. Elle s'est tournée vers moi car je m'étais faite une joie de la ramener à la porte, et m'a regardée avec ses yeux pleins de haine.
« Vous me le paierez tous » a-t-elle crié.
Catherine passa sa tête brièvement à la fenêtre pour voir qui elle avait arrosé. De dehors, on pouvait l'entendre rire et je me l'imaginais très bien pliée en deux après avoir vu le spectacle de désolation qu'offrait la comtesse. Cela valait le coup de la voir toute dégoulinante et je me suis mise à rigoler aussi. Rien à faire, je ne pouvais pas m’en empêcher.
Marie-Louise était tellement en colère qu'on aurait pu voir de la fumée s'échapper de sa tête. Je n'ai jamais vu quelqu'un nous quitter aussi précipitamment.

Lorsque mon mari est rentré, je lui ai tout raconté et il a souri en imaginant la scène. Il m'a expliqué qu'elle était allée le rejoindre au palais tout simplement pour lui dire que la robe d'Henriette était prête pour le mariage et qu'elle voulait que sa nouvelle couturière prenne ses mesures à lui pour sa tenue de cérémonie. Elle avait ensuite ajouté que nous l'avions mise à la porte, en espérant que Philippe prenne son parti. Et évidemment, il lui avait répliqué que nous avions bien agi, avant de l'expédier en quatrième vitesse en prétextant qu'il ne pouvait pas lui parler pendant ses heures de service et que de toute façon il se foutait pas mal de la tenue de cérémonie puisqu'il n'avait pas l'intention de se marier. Notre insolence avec la comtesse nous apporta au moins une chose positive: nous ne l'avons plus revue avant la fin août.

Au début du mois de mai, j’ai commencé à ressentir les symptômes d’une première grossesse. Je n’ai pas voulu prévenir Philippe tout de suite, sans savoir si je ne me trompais pas mais j’avais assez souvent assisté aux grossesses de ma mère pour en reconnaître les symptômes. Malheureusement, j’étais très malade. Pendant une bonne quinzaine de jours, je n’ai rien pu avaler, tout repassait automatiquement. Je me levais le matin et j’avais à peine le temps de courir vomir dans la cour. J’aimais bien être au grand air pour vider mon estomac. L’ennui c’est que Philippe a commencé à s’inquiéter vu qu’étant fils unique il ne savait pas trop ce que ressentait une femme enceinte lors des premiers mois.
Il voulait à tout prix me forcer à manger parce qu’il trouvait que j’avais perdu du poids et moi je voulais lui faire la surprise et lui annoncer quand mes rondeurs commenceraient à se voir.
Il voulait absolument que j’aille voir un médecin et moi, je ne voulais pas puisque je connaissais la cause de mon problème.
Au bout d’un mois, j’avais les traits tirés, j’étais épuisée et je commençais un peu à flotter à certains endroits dans mes vêtements. Philippe n’en pouvait plus de mes excuses bidons et dans mon dos, il a demandé au médecin personnel de Max de venir m’ausculter à l’improviste pour que je ne puisse pas m’isoler ou prendre la poudre d’escampette.
C’est ainsi qu’à la fin du mois de mai, un vieil homme que je n’avais jamais vu s’est présenté pendant que je jardinais un peu. Catherine m’a demandé de venir accueillir un visiteur qui était là pour moi.
J’étais étonnée, c’était la première fois que quelqu’un me demandait et personne hormis ma famille et mes amis ne savait que j’étais mariée au propriétaire de la maison.
Donc, je suis quand même allée l’accueillir.
Ce monsieur très bien habillé s’est présenté à moi comme le Docteur Bertemont, et il m’a avoué qu’il venait me voir sur la demande de mon mari qui était très inquiet pour ma santé. Je lui ai alors expliqué que Philippe l’avait déplacé pour rien car j’étais juste enceinte et je voulais lui faire la surprise. Il m’a demandé la permission de m’examiner quand même et j’ai accepté.
Je lui ai expliqué mes symptômes, ma perte de poids, mes dernières règles et il en a conclu la même chose que moi. Il m’a juste conseillé de me forcer un peu à manger. Je lui ai demandé de ne rien dire à Philippe, je lui annoncerais moi-même au soir quand il rentrerait de Versailles.

Il est rentré en fin d’après-midi avec l’air de quelqu’un qui a mal agi. Je l’attendais de pied ferme. Il est venu vers moi et j’ai joué un peu la comédie pour le punir. Il a eu droit à un accueil glacial.
« S’il te plaît, Jori, ne m’en veux pas. J’étais très inquiet pour toi. Je n’ai pas envie qu’il t’arrive quoi que ce soit. Je n’ai pas pu faire autrement.
Il avait l’air tellement inquiet et triste que je n’ai pas pu tenir mon sérieux plus longtemps.
-    Je ne t’en veux pas mon amour. J’ai juste été surprise de voir un étranger débarquer comme ça.
-    Alors il a trouvé ce que tu as ?
-    Oui et si tu avais attendu un peu avant de l’envoyer chercher, je t’aurais dit moi-même ce que j’avais. Je comptais te le dire dans peu de temps. Tu vas être papa l’hiver prochain. »
Son visage s’éclaira soudainement. Son cœur était rempli de joie, de soulagement, je pouvais le lire sur son visage. Il s'est mis à rire, m'a prise dans ses bras et m'a fait tournoyer dans la pièce. Puis il m'a déposée et est parti chanter la bonne nouvelle dans toute la maison. Si l’information devait rester secrète, c’était raté.
Il était tellement heureux. Pour célébrer cet heureux évènement à venir, il a ouvert une bouteille de vin et en a servi à tous nos amis qui étaient ravis pour nous.
Le soir venu, sa bonne humeur n’était toujours pas redescendue. Nous étions couchés dans notre lit et il n’arrêtait pas de me couvrir de baisers, il passait déjà ses mains sur mon ventre avec un sourire jusqu’aux oreilles. Nous en avons profité pour discuter des prénoms que nous voudrions qu’il ou qu’elle porte. Nous nous sommes mis d’accord que si c’était une fille, elle s’appellerait Marie et si c’était un garçon, ce serait Alexandre.

A la fin du mois d'août, Madame la Comtesse est venue nous rendre visite. Je ne sais pas pourquoi mais j’ai eu un mauvais pressentiment en la voyant avec un sourire machiavélique sur les lèvres.
Philippe s'est installé dans le salon pour écouter ce que sa mère voulait. Je leur ai apporté des rafraîchissements et mon mari m’a fait signe de rester. Il pria sa mère de commencer. Elle n'était pas très chaude pour parler devant moi.
« Mon cher Philippe, il faudrait songer à venir voir ma couturière pour la confection de votre costume de cérémonie. Il est plus que temps d'y songer si le mariage doit avoir lieu le 15 septembre.
-    Vous pouvez tout oublier Mère puisque je n'épouserai pas cette gamine.
-    Cessez de faire l'enfant. Vous ferez ce que votre père et moi-même dirons. N'oubliez pas que vous nous avez promis d'épouser Henriette. Vous bafoueriez votre honneur en refusant maintenant.
Philippe s'énerva et se leva de son fauteuil.
-    Bafouer mon honneur serait un plaisir, si ça peut vous contrarier. Et laissez-moi rire, comme si vous saviez ce qu’est l’honneur !
Il prit ma main et la montra à sa mère.
-    Et comme vous pouvez le constater par ces deux anneaux que nous portons, je suis déjà marié. Et pour la loi de Dieu, je ne peux m'unir qu'à une seule femme. Oseriez-vous vous opposer à la loi de Dieu ? De plus, ma descendance est déjà en route.
Et il passa sa main sur mon ventre.
-    Vous ne seriez pas le premier à avoir des bâtards dans tout Paris.
Il gifla sa mère, mais elle continua.
-    En plus, avec l'aide d'un bon prêtre, on pourra facilement annuler votre stupide union.
-    Jamais, Mère. J'aime Joriandre plus que tout au monde. Elle m'apporte tout ce dont j'ai toujours rêvé. Elle est à la fois ma femme, ma sœur, ma maîtresse et enfin la mère que je n'ai jamais eu. Elle est tout pour moi et jamais je ne la quitterai. Je préfère mourir plutôt que de l'éloigner de moi. Et maintenant sortez de chez moi avant que je ne me décide à vous tuer. »
Elle s'exécuta mais ses dernières paroles nous vinrent aux oreilles.
« Vous rigolerez moins quand je viendrai vous chercher le 15 avec des soldats du roi. »



mercredi 26 juin 2013

Try me: a night with Sole Regret d'Olivia Cunning

Mélanie accompagne une amie à un concert du groupe de rock "Sole Regret". Le fantasme de son amie Nikki: coucher avec le chanteur du groupe "Shade". Elle est prête à tout pour pouvoir le rencontrer et passer la nuit avec lui et Mélanie, elle est prête à tout pour protéger son amie et l'accompagne à contre coeur. Elles réussissent à s'inviter à la soirée VIP après concert et Nikki se fait tout de suite remarquer par Shade. Celui-ci propose même une partie à trois à Mélanie, mais elle le remballe aussitôt. Elle est immédiatement remarquée par Force, le batteur du groupe. Le problème de Mélanie, c'est qu'elle ne supporte par les tatouages et les piercings car elle a été attaquée quand elle était jeune par une bande de voyous. Elle commence à discuter avec Gabriel (Force) sans savoir qu'il fait partie du groupe et se trouve très attirée par lui, ce qu'elle ne sait pas, c'est que ses tatouages sont bien cachés. Après avoir appris par hasard qu'il s'agit du batteur du groupe et avoir entraperçu quelques tatouages (il a une coiffure iroquoise et sur les côtés de son crâne sont tatoués deux dragons), elle décide d'affronter sa peur et demande à voir tous ses tatouages. Il accepte mais devra se mettre nu pour les lui montrer... S'ensuit alors une nuit de passion déchaînée... mais cela pourra-t-il aboutir à plus qu'une histoire d'une nuit?


J'ai dévoré ce livre en quelques heures. Une histoire franchement pas mal, des personnages super attachants avec chacun leurs défauts et caractéristiques. Des scènes de sexe fantastiques et pleines d'imagination. Franchement, je le relirai. Vraiment un super bouquin, dommage qu'il n'existe qu'en anglais pour l'instant. J'ai passé un moment très intense avec ces rockstars. Merci Mme Cunning ...

samedi 11 mai 2013

Joriandre Carpe Noctem chapitre 3

Voilà le dernier chapitre que je vous offre pour vous mettre l'eau à la bouche. Attention il contient des scènes très érotiques, de préférence interdites aux moins de 18 ans.


Chapitre 3

Trois années s'écoulèrent paisiblement. J'étais très heureuse d'être au service de Philippe. Pas une journée ne se passait sans jeux et fous rires.
Nous étions en avril 1780 et je venais de fêter mon 18ème anniversaire quinze jours auparavant. La journée était tellement ensoleillée qu'on se serait cru en plein été.
Philippe avait terminé son entraînement militaire et il avait décidé de prendre quelques mois de bon temps avec moi avant de penser sérieusement à rentrer dans la garde royale auprès de son oncle. Il travaillait de temps à autre avec lui mais seulement quand il en avait envie ou qu’il y avait une mission vraiment urgente à accomplir. Il ne manquait de toute manière pas d’argent.

Ce jour-là, nous avons fait une course à cheval. Je n'étais pas aussi rapide que lui mais il n'arrivait quand même pas à me semer. Ensuite, nous nous sommes exercés à l'épée. Il m'avait appris à manier la lame. En fait, j'avais tellement insisté pour qu'il me montre comment utiliser une épée qu'il avait décidé de m'en enseigner le maniement. Comme après chaque entraînement, il m'a dit que pour une fille en robe je me débrouillais très bien. En fait, il était fier de moi et de ma capacité à vite assimiler tout ce qu’il m’apprenait. Ce jour-là, je l’ai presque battu, j’ai réussi à déchirer la manche de sa chemise avec la pointe de mon épée.
Nous sommes ensuite allés à l'écurie pour nous reposer tranquillement. Nous nous sommes installés sur la meule de foin pour discuter. Nous étions allongés sur le côté, l'un face à l'autre. Il me fixait l'air songeur sans dire un mot, une brindille de paille aux lèvres.
« Il y a quelque chose qui ne va pas ? lui ai-je demandé.
-    Non. Je réfléchissais. C'est fou ce que tu as changé. Tu es devenue une femme et tu es très belle, tu sais. En plus, ton corset s'est un peu desserré et j’ai un aperçu du Paradis. »
Je me suis redressée d’un bond pour pouvoir le refermer correctement.
J'étais gênée, cela faisait plus de dix minutes qu'il regardait mon décolleté et il ne m'avait rien dit. J'ai pris une poignée de foin et je lui ai lancé à la figure.
« Tu aurais pu me le dire plus tôt ! »
Il en prit une aussi et essaya de me toucher mais il rata son coup.
« J'aime bien regarder les jolies choses et si je te l’avais dit plus tôt, tu m’aurais privé d’une très belle vue »  me répondit-il.
Et nous avons joué comme des gamins avec le foin. Quand nous avons eu terminé notre petite bataille, nous étions couverts de poussières et de brindilles de la tête jusqu'aux pieds. Il allait être l'heure de souper alors nous nous sommes secoués avant de rentrer. Je lui ai frotté ses vêtements et il a frotté les miens. Pendant que je passais mes mains sur sa chemise entrouverte, il me regardait droit dans les yeux et sa respiration s’accélérait. Ensuite ce fut son tour de frotter mes vêtements. Il prenait tout son temps pour épousseter ma robe. J’adorais la sensation de ses mains sur mon corps au travers de ma robe, je sentais mes seins se durcir et ma respiration s’accélérer aussi. Apparemment, nous ressentions la même chose l’un pour l’autre. Puis nous nous sommes mis en route en silence pour la cuisine, et en passant près de lui, j’ai remarqué qu’il était plutôt à l’étroit dans son pantalon. Il m’a demandé de l’attendre avec les autres  pendant qu’il résolvait un problème personnel.
Quand je suis arrivée, il n’y avait que Sophie en train de finir la préparation du repas.  Puis les autres sont arrivés et Philippe a fermé la marche. Raphaël m'a regardée puis a jeté un coup d’œil à Philippe et a crié assez fort pour que tout le monde puisse l'entendre:
«  Qu'est-ce que vous avez fait dans la paille pour être encore couverts de poussière ?
-    C'est certain qu'avec le temps qu'ils sont restés dans l'écurie, ils se sont bien amusés, répondit Pierre en rigolant.
Philippe leur répondit le sourire aux lèvres.
-    Je suis désolé Messieurs de mettre fin à vos ragots, mais nous avons juste discuté. »
Ils n'avaient pas l'air de le croire et continuaient à rigoler.

Après le souper, Philippe a décidé de prendre son bain car le lendemain matin, il devait aller voir son oncle à Versailles afin de prendre des nouvelles de la bataille qui faisait rage en Amérique. Les Français étaient entrés en guerre contre les Anglais pour aider les Américains à conquérir leur indépendance. François avait déjà préparé la baignoire et les seaux quand nous sommes arrivés dans sa chambre.
Philippe s'est déshabillé et s'est installé confortablement dans l’eau pendant que je rangeais du linge dans son armoire et que je mettais les serviettes à chauffer en face du feu.
C'est vrai qu'il avait changé aussi. Son corps s'était pas mal élargi et je trouvais cela sexy de voir cette fine ligne de poils qui reliait ses seins avant de descendre vers le bas de son torse et disparaître sous le niveau de l’eau. Il était bien musclé,  on voyait la découpe de ses abdominaux et de ses pectoraux. C'était un homme maintenant et un très beau spécimen, je dois l’avouer. Je ne me lassais pas de l’admirer à chaque fois que je le voyais nu dans son bain. Et pour couronner le tout, même si je rougissais quand je le regardais sous la ceinture, je ne me privais jamais du plaisir d’y jeter un coup d’œil de temps à autre. Je n’avais jamais vu d’autre homme nu avant et pour moi, je trouvais son membre magnifique et intrigant. Quand j’y pensais, je trouvais ça bizarre qu’il ne soit pas encore marié et en même temps j’étais soulagée. Je me demandais s’il me garderait auprès de lui si ça devait arriver un jour et un élan de tristesse m’enveloppa. J’ai essayé de sortir ces idées de ma tête et de m’appliquer à mon travail.
Je lui ai frotté ses magnifiques cheveux en lui massant le cuir chevelu. Il avait fermé les yeux et avait l’air de savourer l’instant. Ensuite, je lui ai lavé le dos et la poitrine. Arrivée dans le bas du ventre, il m'a attrapé la main et a essayé de la descendre plus bas.
«  Lâche-moi ! S'il te plaît ! Ce n’est pas drôle ! »
Il a fait semblant de me lâcher et au lieu de cela, il a tiré d'un coup sec sur ma main, m'a déséquilibrée et je me suis finalement retrouvée dans la baignoire. Il m'a alors coincée entre ses jambes pour que je ne sorte pas de là. Je sentais quelque chose de dur contre mes fesses. Puis avec son index et son pouce, il a attrapé mon menton et a soulevé ma tête pour que je le regarde droit dans les yeux.
« Je t'aime, Jori. Je t'ai toujours aimée. »
Il s'est penché sur moi et a frôlé mes lèvres avec les siennes d’une manière un peu hésitante. Il voulait probablement voir comment je réagirais. Ensuite, il m'a embrassée et je l'ai laissé faire. Sa langue s’est frayée un chemin dans ma bouche et je n’ai opposé aucune résistance. Ce contact me procurait une sensation de chaleur et de plaisir inimaginable. Sa langue dansait avec la mienne, il la caressait et la suçait. Je ressentais des sensations que je n’avais jamais éprouvées jusque là. J’avais envie de sentir son corps sur le mien, de le sentir profondément en moi. Il a mis sa main sur mon genou et a commencé à remonter doucement ma robe pour en arriver à caresser ma cuisse. A ce moment, une sonnette d’alarme retentit dans mon cerveau. Attention, il n’est pas pour toi ! Tant bien que mal, j’ai essayé de le repousser.
« Arrête s’il te plaît ! » lui ai-je demandé.
Il s'est arrêté et je suis sortie de la baignoire. Je dégoulinais de partout. Il avait l’air un peu déçu.
« Comment est-ce que je vais faire pour aller me changer sans mettre de l'eau partout ? Avec ta chambre à nettoyer, c'est largement suffisant. En plus, si je tombe sur ta mère, elle va encore s’énerver. On va en entendre parler pendant des mois.
Il m’a regardée et finalement s’est mis à rire.
-    J'ai une idée, me dit-il, j'irai te chercher une autre robe lorsque je serai sec. Et pendant ce temps-là, tu pourras prendre ton bain. Je te jure que je ne regarderai pas. Même si ce n’est pas l’envie qui me manque. »
Il est sorti de l'eau. J’ai essayé de ne pas regarder son entrejambe qui avait atteint des proportions bien plus grandes que d’habitude et je lui ai passé sa serviette autour des hanches en essayant de ne pas le toucher à cet endroit stratégique. Je l'ai essuyé avec un autre morceau de tissu. J’avais beau essayer de regarder ailleurs, ma vue était attirée par cette énorme bosse sous la serviette. J’avais une envie folle de la toucher pour voir les sensations que j’éprouverais et comment elle réagirait. Moi et ma curiosité maladive. Il a remarqué que je fixais cette déformation du tissu. Un énorme sourire apparut alors sur son visage.
« Si ça t’intrigue à ce point-là, tu peux mettre ta main dessus. C’est à cause de toi que je suis dans cet état-là.
Sa voix était basse et rauque. J’ai senti mon visage devenir tout rouge jusqu’aux racines de mes cheveux. J’étais perdue dans mes pensées, je ne savais plus quoi faire ni quoi penser. Je ne savais pas ce qui se passait dans mon corps, mais j’avais soudain une envie folle de lui, je voulais sentir ses mains sur mon corps, sa langue sur ma peau. Pendant que j’avais la tête ailleurs, il a laissé tomber sa serviette au sol, a attrapé ma main et l’a posée sur son membre en érection. Je suis sortie de ma rêverie comme si j’avais été brûlée à la main. Je n’osais cependant pas bouger. Ma main reposait à plat sur son membre si dur mais dont l’extrémité était douce comme du velours. Il me fixait avec un regard coquin puis avec sa main, il guida la mienne. Je le caressais doucement sur toute sa longueur.
« Serre tes doigts un peu plus. Tu ne risques pas de me faire mal.
J’ai machinalement obéi à ses recommandations et comme résultat de ma manipulation, il a gémi.
J’ai eu peur de lui faire mal et puis j’ai repris mes esprits. Qu’étais-je donc en train de faire ? Je ne devais pas le toucher comme ça alors qu’il n’était pas à moi. J’ai retiré vivement ma main et je l’ai regardé pour voir sa réaction. Il haletait et il avait vraiment l’air désolé que je l’aie lâché. Apparemment ma manipulation était très agréable.
J’ai fait comme si de rien n’était, je n’osais plus le regarder dans les yeux. J’ai vite terminé de le sécher et je l’ai aidé à s’habiller. Ensuite, il est parti me chercher une robe dans ma chambre. J'en ai profité pour me déshabiller et je me suis enfoncée dans l'eau tiède de la baignoire en espérant qu’elle apaiserait le feu qui était né entre mes jambes.
Il est revenu un bon moment après, a déposé la robe sur son lit et est aussitôt ressorti pour attendre devant la porte. Evidemment Philippe avait bien choisi la robe. Il avait pris une robe vert pâle très décolletée et en plus les lacets se fermaient derrière. Je l'ai donc appelé pour qu'il vienne m'aider et il ne s'est pas fait prier.

Nous nous sommes ensuite séparés un moment car je devais nettoyer sa chambre. François est venu enlever la baignoire et j'ai enfin pu commencer à éponger l'eau que nous avions mise partout.
Pendant ce temps, Philippe était parti discuter avec son père. C’était plutôt rare mais ça lui arrivait. En fait, quand il parlait avec son père, c’était au sujet du roi.

Je devais l'attendre dans son bureau. J'ai donc choisi un livre pour lui faire la lecture quand il serait là. Il est entré dix minutes plus tard et s'est installé dans son fauteuil. Je me suis assise à ses pieds, le livre sur mes jambes que j'avais croisées devant moi et le dos contre ses jambes. De là où il était en se penchant un peu, il devait certainement avoir une très belle vue sur ma poitrine. D’ailleurs ce soir-là, il n’a pas arrêté de gesticuler sur son siège. Il se faisait tard et je commençais à me sentir fatiguée alors je lui ai suggéré d’aller se coucher. Je me suis levée et je me suis dirigée vers la porte sans même lui prêter un regard. Je l'avais déjà ouverte quand il m'a rejointe. Il m'a saisi le poignet et m'a attirée contre lui. Il a reclaqué la porte avec le pied et m'a de nouveau embrassée tout en me repoussant contre la porte. J’étais coincée contre son corps, sa langue caressait la mienne avec passion, il la suçait, s’en délectait. Ses hanches étaient tellement pressées contre moi que je sentais son érection au travers le tissu de ma robe. Puis ses lèvres sont descendues le long de mon cou. Il avait une telle manière de frôler ma peau avec ses lèvres qu'il faisait naître en moi des désirs que je n'avais jamais ressentis jusque là. Sa main droite est descendue sur mon sein, il continuait à déposer de petits baisers sur le bas de mon cou tout en descendant vers ma poitrine. J’avais glissé ma main dans sa chevelure et ma respiration s’était faite haletante.
Tout à coup, son étreinte se relâcha et il me glissa « bonne nuit » au creux de l'oreille. Il sortit avec un petit sourire en coin.
Une fois rentrée dans ma chambre, chose très difficile à faire car mes jambes tremblaient d’excitation, je me suis déshabillée et me suis glissée sous les couvertures. Je n'arrivais pas à trouver le sommeil. Je pensais sans cesse à ce que Philippe m'avait dit lorsque nous étions dans la baignoire, aux baisers que l'on avait échangés, à sa langue, à ses doigts brûlants sur ma peau. Ça suffisait à rallumer ce feu en moi. Ce n'était pas possible que quelqu'un comme lui soit tombé amoureux de moi. Je me suis finalement endormie aux petites heures du matin après avoir retourné tous les évènements de la veille dans ma tête et après avoir réussi à me calmer, chose très difficile à faire lorsque l’on est frustré.

Le lendemain matin, j'ai réveillé Philippe et je l'ai aidé à se préparer pour aller à Versailles. J'ai juste eu droit à un rapide bonjour, un baiser sur la joue et puis il est parti comme un ouragan.
J'étais un peu triste, je me suis dit que j'avais dû rêver ce qui s’était passé entre nous. Je devais me faire beaucoup trop d'idées. Après tout, qu'est-ce que quelqu'un de son rang ferait avec moi, pauvre Parisienne ? Peut-être à la limite pensait-il juste au sexe ? Je savais que pas mal de nobles trouvaient du plaisir à se satisfaire sexuellement avec des bonnes ou des femmes de la rue.
Il était parti rendre visite à son oncle. Les nouvelles de la guerre l'intéressaient énormément. Il ne voulait pas forcément y participer mais il trouvait cela utile de se tenir au courant de l'actualité. En plus, il voulait rendre une brève visite à son ami Maximilien. C’était le seul vrai ami qu’il avait, hormis moi, et qui faisait partie de la noblesse. Il m’en parlait fréquemment et j’avais l’impression de le connaître même si je ne l’avais jamais vu. Il était avocat et Philippe m’avait dit que c’était un homme bien, que si jamais un jour j’avais un souci, il serait là pour moi aussi. Parfois, quand il partait voir son ami, il emmenait un petit coffret avec lui. Je ne savais pas à quoi cela servait et je ne lui ai jamais posé la question.

Quand il est revenu, j'étais dans l'écurie en train de donner à boire à Nuage. Il est arrivé par derrière sans faire de bruit et m'a prise dans ses bras. Comme je ne m'attendais pas à cela, j'ai lâché le seau d'eau qui s’est renversé à mes pieds et a mouillé le bas de ma robe.
«  Tu m'as fait peur ! Tu pourrais te faire entendre quand tu arrives.
Il m'a regardée puis a rigolé.
-    J'adore quand tu t'énerves, tu es encore plus sexy » m'a-t-il lancé.
Il m'a pris la main et m'a emmenée vers le tas de paille. Nous nous sommes allongés et il m'a raconté ce qu'il avait fait à la capitale et à Versailles. Je l’écoutais avec attention, il avait toujours une manière particulière de raconter ses histoires qui rendait les choses, même insignifiantes, intéressantes.
Je me suis rendue compte en l’écoutant et en le regardant que mon cœur battait toujours plus fort quand il était près de moi. En fait, je l'aimais depuis longtemps, très longtemps et bien plus qu'un simple ami. Mais je refusais de l’admettre de peur d’être rejetée à cause de notre différence de rang.
Il s'est rapproché de moi et m'a embrassée. Il m’a poussée contre la paille pour que je sois complètement allongée. Il s’était mis sur moi et j’avais écarté instinctivement mes jambes pour qu’il soit plus à l’aise. Ses lèvres se promenaient dans mon cou et il les fit descendre jusqu'à ma poitrine.
« J'ai tellement envie de toi, Jori que ça me rend fou.»
Ça, je le sentais très bien. Il avait mis sa main sur mon sein.
-    S'il te plaît, arrête, Philippe ! On ne peut pas.
-    Pourquoi ? Tu n’aimes pas ?
-    Bien sûr que si que j’aime quand tu me touches, là n'est pas la question. Moi aussi, j'ai envie de toi. J'adore tes caresses. Tu fais frémir mon corps entier. Mais je ne peux pas. Rien qu’à l’idée que dans quelques temps ta famille te mariera à quelqu’un de ton rang, j’en suis triste à mourir. Franchement, j’envie cette personne car je suis sûre que tu la rendras aussi heureuse que je l’ai été toutes ces années à tes côtés. Je me dis que je devrais peut-être me réserver pour mon futur mari.
Une larme roula sur ma joue. Il l’essuya avec son index.
-    Et si j’étais ton futur mari ?
Je le regardais abasourdie, avais-je bien entendu ?
-    Il n'est pas question que je me marie avec une de ces précieuses poupées qu'on trouve dans la noblesse. Je ne veux que toi, Joriandre. Est-ce que tu voudrais devenir ma femme ? »
Ses yeux brillaient d’excitation.
J'ai accepté sans trop réfléchir tout en sachant très bien que c'était impossible. Et il m'a serrée dans ses bras. Nous étions les personnes les plus heureuses de la terre. Nous étions couchés l'un contre l'autre, lui sur le dos et moi sur mon côté. J'avais mis ma jambe entre les siennes et avec ma main droite, je caressais sa poitrine. Sa peau était douce, chaude, j’adorais la sensation de ses poils sur la paume de ma main. Je n’avais qu’une seule envie : descendre ma main bien plus bas, dans son pantalon, là où j’apercevais à nouveau cette bosse, mais intérieurement, je priais pour que Madame La Comtesse n’arrive pas dans l’écurie et nous surprenne ainsi enlacés.
Nous faisions des projets pour notre futur. Il voulait au moins trois enfants et il avait déjà projeté de s'installer dans la campagne parisienne. Comme cela, nous serions proches de la capitale tout en n'y vivant pas. Le seul obstacle qu'il restait à franchir étaient les parents de Philippe, autant dire un problème pratiquement insurmontable.
Il m'a dit qu'il irait demander ma main à mon père dans une quinzaine de jours. Il m'a même glissé à l'oreille qu'il avait trouvé une maison beaucoup plus grande pour lui et ma famille. J'étais tellement heureuse à l'idée qu'ils allaient enfin avoir un peu d'espace pour vivre tranquillement.

L'heure du dîner approchait alors nous sommes rentrés. Les autres étaient déjà à table lorsque nous sommes arrivés dans la cuisine. Dès que le repas fut terminé, nous nous sommes installés confortablement dans le bureau. J’ai repris le livre que j’avais commencé à lire la veille dans la bibliothèque pendant que Philippe lisait le journal. J’allais continuer ma lecture de « Candide » de Voltaire quand Madame la Comtesse est entrée dans la pièce sans même se donner la peine de frapper à la porte et a demandé à mon ami de la suivre. Il s'est levé et est sorti de la pièce en traînant les pieds. Elle l'a emmené dans la salle de séjour pour discuter. Son mari était là aussi et comme d'habitude il ne disait rien.
Il préférait se laisser dominer par sa femme. Marie-Louise (c'était le prénom de la comtesse) prit donc la parole.
«  J'ai quelque chose à vous annoncer, mon cher fils et je voudrais que vous ne m'interrompiez pas pour une fois. Vous êtes un homme à présent et il faudrait songer à vous marier. Votre père et moi vous avons laissé assez de temps pour batifoler, vous auriez déjà dû être marié depuis un moment et avoir donné des héritiers à notre famille. Pour cela, nous vous avons choisi une charmante jeune fille, bien éduquée. Elle s'appelle Henriette et aura bientôt quinze ans. Je sais que c'est jeune mais nous avons fixé la date de votre mariage au 15 septembre de l'année prochaine, soit le jour de son seizième anniversaire, ainsi vous aurez largement le temps de faire connaissance. Je suis sûre que vous formerez un couple charmant. Alors qu'en pensez-vous ?
-    Que c'est ridicule, répondit Philippe, je n'épouserai pas cette fille parce que j'ai déjà choisi ma future épouse. En plus, vous connaissant, elle doit certainement avoir le même style de caractère que vous et je ne me marierai jamais avec quelqu'un qui pourrait vous ressembler, Mère. Je préfère encore mourir et aller pourrir en enfer.
-    Peu importe votre opinion, vous l'épouserez et c'est un ordre. Ses parents vous la présenteront demain. J'espère que vous saurez vous tenir. En attendant, vous pouvez retourner faire la lecture à votre putain de boniche.
-    Ma putain de boniche comme vous l’appelez vaut un milliard de fois plus que vous, vous ne lui arriverez jamais à la cheville. »

Philippe sortit de la pièce en colère et en claquant la porte. S'il avait pu, il aurait tué sa mère. Il est ensuite revenu au bureau où je l'attendais impatiemment. A sa mine défaite, je savais que quelque chose ne tournait pas rond.
«  Qu'est-ce qui se passe Philippe ?
-    Je t'expliquerai demain. Pour l'instant, je vais dans ma chambre. J'ai besoin de réfléchir. »
Il m'a embrassée sur les lèvres, m'a dit qu'il m'aimait et est sorti. Je n'avais pas l'esprit tranquille quand je me suis couchée. Je n’aimais pas quand il était dans cet état-là et qu’il ne voulait pas parler.

Je me suis levée à l'aube comme chaque jour. J'aimais beaucoup regarder le soleil qui se levait car il brillait souvent de mille couleurs. J’ai vite enfilé une robe de couleur vieux rose avec des manches longues, le décolleté qui était très plongeant était dissimulé en partie par de la dentelle. Je me suis alors rendue à l'écurie pour m'occuper de mon beau cheval noir. Philippe m'avait proposé de l'accoupler avec une superbe jument, ce que nous avions fait et il m'avait promis de me donner le poulain qui naîtrait prochainement.
Pierre m'a rejointe et m'a dit que François l'envoyait me prévenir que je ne devais pas me déplacer pour réveiller le maître. Il le ferait lui-même. Philippe voulait dormir plus longtemps. Je trouvais ça très bizarre, d’habitude, il était le premier à vouloir se lever.
Vers 11 heures, alors que je terminais d'abreuver les chevaux, Philippe est entré dans l'écurie avec pendue à son bras une gamine aux longs cheveux noirs habillée comme une poupée. Elle avait une robe magnifique en soie rose avec des broderies et des perles qui la décoraient. Son décolleté laissait entrevoir une poitrine minuscule comparée à la mienne. Philippe n’avait pas encore refermé les portes de l’écurie que je l'entendais déjà râler. On aurait dit la mère de Philippe en modèle réduit. Mon cœur s’est serré dans ma poitrine. La jalousie m’étreignait, j’avais envie de la réduire en charpie. Comment osait-elle toucher Philippe ?
«  Mais que fait-on dans l'écurie Philippe, alors que Père et Mère nous attendent dans la salle de séjour ?
-    Henriette, fermez-la tant que je ne vous dis pas de parler. »
Il ne m'a fallu que quelques secondes pour comprendre que sa mère lui infligeait une future épouse à la façon dont il lui parlait. Je ne l’avais jamais vu aussi méchant sauf avec sa mère.
Il la prit par les bras et la fit asseoir de force sur le tas de foin. Il la regardait avec un air menaçant.
«  Vous vous asseyez là et vous ne bougez pas, sinon je vous mets la fessée de votre vie. C’est moi le maître ici et je ne supporte pas qu’on me désobéisse. »
La pauvre gamine avait l'air intimidée voire terrorisée. Ça lui allait bien de jouer au méchant.
Il est venu près de moi. De là où elle était, elle ne pouvait pas nous voir à cause de la palissade. Je n'avais jamais vu Philippe aussi débraillé. Il avait mis un pantalon qui n'était pas très propre, celui qu'il mettait pour monter à cheval et qui était constellé de traces en tout genre et sa chemise blanche qui était pleine de taches douteuses était restée ouverte sur sa poitrine légèrement velue.
En plus, elle pendait en dehors de son pantalon. Il n'avait même pas pris la peine de se raser. Vu sa tenue, j'étais certaine qu'il faisait tout pour que cette charmante personne prenne ses jambes à son cou. Mais moi, il me plaisait aussi ainsi. Il avait un air un peu bestial. J’avais envie de passer ma main sur sa barbe naissante avant de lui arracher ses vêtements.
Arrivé à ma hauteur, il m'a prise dans ses bras et m'a embrassée.
«  Quand je ne suis pas avec toi, tu me manques toujours tellement. »
Il m'a expliqué l'idée de sa mère et m'a juré qu'il trouverait un moyen pour qu'on reste à deux pour la vie. Nous avons sellé les chevaux et nous sommes partis nous promener dans les bois et la campagne environnante en laissant Henriette seule à l’écurie. Il avait emmené une couverture et nous avons passé l'après-midi à pique-niquer et à discuter soit main dans la main en nous promenant, soit allongés l’un contre l’autre sur la couverture.

J’avais fermé les yeux et je laissais le soleil baigner mon visage tout en écoutant la voix de Philippe lorsque ses lèvres se sont posées sur les miennes. Doucement d’abord puis il glissa sa langue dans ma bouche et caressa la mienne avidement. Il la suçait, me mordillait la lèvre inférieure avant de reprendre possession de ma bouche et de ma langue. Il envoyait des ondes de plaisir dans tout mon corps. J’avais l’impression que toutes les sensations qui m’envahissaient se dirigeaient vers mon bas ventre. J’avais posé la main sur son visage car j’aimais la sensation de sa barbe naissante sur mes doigts. Tout en m’embrassant, sa main s’était posée sur mon sein, il avait glissé ses doigts dans mon décolleté et avait sorti mon sein de ma robe. Il le malaxait, le soupesait, jouait avec le téton durci entre son pouce et son index. Je gémis dans sa bouche. Je savais ce qu’il voulait faire et je ne voulais plus l’arrêter. C’était lui que je voulais, il fallait qu’il soit le premier à poser ses mains sur moi. Il s’était mis sur moi et avait glissé ses jambes entre les miennes. Il relâcha ma bouche et se dirigea lentement vers mon sein en déposant une multitude de baiser sur le trajet entre mon cou et ma poitrine. Il s’empara de mon téton avec les dents et il suça le bout, le taquina avec sa langue, et puis de nouveau doucement avec les dents. J’aurais pu mourir de plaisir entre ses mains. Je sentais déjà mon ventre se contracter rien qu’à l’idée de ce qu’il me ferait bien plus bas. Une de ses mains avait d’ailleurs déjà trouvé le chemin sous ma robe. Il me caressait le genou et remontait doucement, tout doucement sa main le long de ma cuisse. Ses doigts trouvèrent mon entrejambe.
« Ma chérie, je crois que tu es déjà toute prête pour moi ! me chuchota-t-il à l’oreille. Il inséra un doigt et mon corps se cambra sous l’effet qu’il me procurait.
« Tu es si humide, si chaude, juste pour moi. »
Il le faisait glisser dedans, dehors, puis il taquinait mon clitoris, m’envoyant des décharges électriques dans tout le corps. Il se redressa un peu pour pouvoir enlever son pantalon. Je l’ai regardé dans les yeux, je me suis redressée et j’ai approché ma main de la fermeture. J’ai défait le lacet de son pantalon et j’ai caressé l’énorme bosse qu’il cachait. Un son rauque sortit de sa gorge et il retira d’un trait son pantalon libérant son sexe dressé d’une taille assez impressionnante. Je me demandais d’ailleurs comment il allait s’arranger pour faire rentrer tout ça. J’avais un peu peur mais je savais qu’il serait tendre avec moi. Je fis glisser ma main de haut en bas le long de son membre. Il était dur et tellement large que je n’arrivais pas à en faire le tour avec mes doigts mais sa peau était si douce surtout à son extrémité. J’ai approché ma tête et j’ai passé ma langue sur son gland. Je voulais le goûter. Il me regarda tout étonné de ce que j’osais faire. Puis je l’ai pris dans ma bouche et j’ai commencé à le sucer avidement. Il se mit à gémir tout en guidant le rythme de ma tête avec sa main. J’aimais son goût salé, et j’adorais la sensation que ça me procurait de le sentir profondément dans ma bouche. J’étais très contente de savoir que je pouvais lui faire énormément de bien. Je me sentais quelque part fière de moi.
Il stoppa soudainement ma tête. Je me demandais pourquoi il m’arrêtait, alors avec ma langue je taquinais le bout de son gland.
« Arrête Joriandre, si tu continues comme ça, je vais jouir dans ta bouche. 
-    Et ce n’est pas bien ? lui demandai-je un peu anxieuse à l’idée qu’il n’aimait pas ce que je lui faisais.
-    Oh si, ce serait même génial mais pour ta première fois, je voudrais vraiment m’enfoncer en toi et jouir en toi. »
Je l’ai regardé droit dans les yeux, il avait l’air à bout de souffle tellement il essayait de se contrôler. Je lui ai lancé un grand sourire. J’étais tellement heureuse en ce moment, de savoir qu’il serait bientôt en moi.
Il s’est alors jeté sur moi et m’a rallongée sur la couverture.
« Je me dois de te rendre la pareille mon amour. »
Il releva ma robe doucement et déposa plein de baisers le long de mes jambes en remontant vers mon bas-ventre. Je me suis soudain sentie gênée et exposée  à l’idée qu’il allait mettre la langue à cet endroit-là. J’avais envie de refermer les jambes mais sa tête était déjà entre mes cuisses et avant que je puisse dire quoi que ce soit il déposait un baiser sur ma toison. Puis sa tête s’est dirigée un peu plus bas, sa langue me caressait à l’endroit le plus sensible de mon anatomie. Je ne pus m’empêcher de gémir. Il avait réinséré un doigt entre mes lèvres humides et titillait mon clitoris avec sa langue. Une tension à laquelle je n’étais pas habituée s’accumulait en moi, je me sentais prête à exploser et effectivement, j’étais tellement sensible qu’il ne lui a fallu que quelques coups de langue pour me faire atteindre l’orgasme. C’était la première fois que je ressentais quelque chose comme ça, mon corps entier était secoué par des spasmes. Je ne pouvais pas m’empêcher de pousser des petits cris et j’avais mis ma main sur ma poitrine pour calmer les battements de mon cœur et reprendre mon souffle. Philippe s’est placé entre mes jambes sans que je m’en rende vraiment compte, il a approché sa bouche de mon oreille et m’a chuchoté :
« Si tu savais ce que ça me fait quand tu cries comme ça pour moi. 
Il était en appui sur ses coudes.
-    Mets tes jambes autour de ma taille. »
Je me suis exécutée au plus vite, j’avais tellement envie de plus, envie de le sentir au plus profond de moi mais en même temps, j’avais un peu peur de ces sensations divines que je n’avais jamais éprouvées et qui étaient nouvelles pour moi. J’étais aussi un peu effrayée car je savais, vu la taille du membre de Philippe, que ce qui allait suivre ne serait pas sans douleur.
Il a déposé plein de baisers partout sur mon visage, pendant qu’il se positionnait correctement à l’entrée de mon point le plus chaud et le plus humide. Il se glissa juste un peu en moi avant d’être tout de suite arrêté par la barrière de mon hymen.
« Tu es sûre de ce que tu veux mon amour ? Après il sera trop tard pour m’arrêter, on ne pourra plus revenir en arrière.
-    Oh oui Philippe, je veux être à toi. Je veux te sentir en moi. Viens s’il te plaît. »
J’avais passé mes bras autour de son cou.
Il m’embrassa passionnément, sauvagement, il mordilla ma lèvre inférieure avant de reprendre possession de ma bouche avec sa langue pour me distraire et il me pénétra d’un coup de reins puissant. J’ai resserré l’étau de mes jambes et de mes bras autour de lui. Mon petit cri de douleur se perdit dans sa bouche au moment où mon hymen se déchira. Il s’immobilisa. Il attendait que mon corps s’habitue à la présence du sien à l’intérieur. Il me remplissait pleinement. Puis il s’est mis à se mouvoir entre mes cuisses très lentement d’abord pour s’assurer qu’il ne me faisait pas mal. Lorsqu’il vit à mon expression que la douleur avait disparu, il accéléra la cadence jusqu’à ce que j’atteigne à nouveau l’orgasme. Pendant que mon corps se calmait des secousses déclenchées par ma jouissance, Philippe s’enfonça encore deux fois très profondément en moi avant de s’immobiliser ayant trouvé sa libération et se déversant en moi en poussant un petit son guttural qui me fit frissonner. Il avait posé son front sur le mien et me regardait avec un énorme sourire et plein d’amour dans le regard. Nous étions tous les deux essoufflés tellement c’était intense.
« Ça va mon amour ? Ce n’est pas trop douloureux ?
-    Non, ne t’inquiète pas, c’était waow. Je n’ai pas de mot pour décrire ça. On recommence quand tu veux.
-    Dans cinq minutes  alors, le temps que je récupère un peu. Tu m’as mis en appétit. »
Et il s’est à nouveau jeté sur moi un sourire coquin au coin des lèvres et a recommencé à me caresser et à m’embrasser.

Quand nous sommes rentrés, il était déjà l'heure du dîner et cette chère Henriette et ses parents étaient repartis à notre grand bonheur.
Nous étions en train de manger quand la mère de Philippe a brusquement ouvert la porte de la cuisine. Tous les domestiques se sont levés sauf Philippe et moi.
« Eh bien mon fils, auriez-vous oublié la politesse ?
-    Non, Mère. Je ne me lève que pour les personnes que je respecte. Et vous n'en faites pas partie. Alors dépêchez-vous de cracher votre venin que nous puissions terminer notre repas tranquillement.
-    Très bien, lança-t-elle, votre date de mariage est fixée comme prévu au 15 septembre de l’année prochaine. Peu importe votre tenue d'aujourd'hui car vous n'avez pas réussi à la faire fuir. J'ai arrangé l'affaire avec ses parents.
-    Je n'accepterai qu'à une seule condition, Mère. (Je le regardais incrédule) Je veux qu'on me construise une petite demeure à mi-chemin entre Versailles et Paris où je vivrai seul avec mes domestiques jusqu'à l'année prochaine sans jamais voir une seule fois la tête d'Henriette. Si vous n'êtes pas d'accord, vous pouvez faire une croix sur le mariage parce que j'utiliserai tout ce qui est en mon pouvoir pour que ce mariage n'ait jamais lieu. Et s'il le faut j'irai jusqu’ à me tuer pour ça ou mieux encore, tout simplement la tuer car je suis certain que ce ne sera pas une grande perte pour la France. Encore une petite chose, Mère, la maison doit être prête pour la fin du mois de mai. »
Madame la Comtesse sortit contrariée et humiliée de la pièce par ce fils qui osait lui tenir tête. Le fait qu'elle n'ait pas répondu signifiait que Philippe aurait ce qu'il avait demandé.
Je me demandais où il voulait en venir avec cet ultimatum qui ne m’avait franchement pas plu du tout et il m'a expliqué que c'était un moyen de gagner du temps. De toute façon, ultimatum accepté ou pas, il ne comptait pas épouser cette petite peste d’Henriette. Il préférait mourir plutôt que de devoir supporter toute sa vie une personne comme elle, fausse, hautaine et qui ressemblait si fort à sa propre mère. Pour couronner le tout, elle avait un petit pois à la place du cerveau et Philippe adorait discuter d’égal à égal et échanger des points de vue. Elle était totalement incompatible avec lui.

Le lendemain matin, il est parti à la recherche d'un terrain pour bâtir notre petite maison. Et il a trouvé un superbe coin pour deux jeunes mariés qui veulent leur tranquillité. Il y avait un bois à proximité et partout ailleurs ce n'étaient que des champs à perte de vue. Les travaux ont commencé dès le lendemain de l’achat du terrain et évidemment ils étaient très nombreux à travailler sur ce bâtiment. Madame La Comtesse voulait tellement que son fils s’en tienne à sa promesse qu’elle honorerait le délai imparti. Ils avaient un peu moins de deux mois pour finaliser la construction. Philippe a jeté un coup d'œil aux plans, a donné son approbation et le tour était joué. D'après les ouvriers, la maison serait achevée sans problème pour la fin mai.

Le 17 avril au matin, alors que j'étais à la cuisine occupée à discuter avec Catherine, Philippe est passé en coup de vent. Il m'a attrapé la main et m'a emmenée dehors.
« Où va-t-on Philippe ? Tu as l’air bien pressé.
-    Tu le verras quand on y sera, mon amour. »
Il m'a aidée à grimper sur Eden tout en prenant un malin plaisir à me caresser les fesses et est monté derrière moi.
« Pourquoi est-ce que je ne prends pas Nuage ? Je sais parfaitement monter à cheval.
-    Parce que j'adore t'avoir entre mes bras pour t'embrasser la nuque ou encore te faire ce genre de choses.
Il me colla à sa poitrine et glissa sa main dans mon corset. Il me caressa le sein avant de prendre mon téton durci entre son pouce et son index. Mon corps réagissait à une vitesse folle. Il était affamé de ses caresses. Il le titillait et je sentais son excitation grandir contre mes fesses. Je me pressais davantage contre son entrejambe. Il gémit et chuchota à mon oreille :
« Si tu savais ce que j’ai envie de te faire mon amour mais c’est dommage qu’on soit pressé, sinon je m’arrêterais bien dans un bois pour t’emmener au Paradis. »

Eden galopait tellement vite que mes cheveux partaient dans tous les sens. Je n'avais même pas eu le temps de les attacher. Arrivés à Paris, quand j'ai vu la direction qu'il avait prise, j'ai tout de suite su qu'on allait voir mon père. Une charrette attendait devant la porte de la maison et tous mes frères et sœurs  le regardaient et tournaient autour. Nous sommes descendus de cheval et quand les enfants nous ont vus, ils se sont précipités vers nous en criant. En entendant le vacarme, mon père est sorti pour voir ce qui se passait. Philippe s'est approché de lui et l'a salué.
« Monsieur, si je viens vous voir aujourd'hui, c'est parce que j'ai l'immense honneur de vous demander la main de votre fille aînée. Dans l'espoir de vous avoir pour beau-père et afin que vous sachiez toute l’estime que j’ai pour vous, je voudrais que vous acceptiez ce petit cadeau.
Et il lui tendit une clef.
-   Tous les cadeaux du monde ne pourront acheter ma fille, jeune homme.  Elle est libre de choisir l'homme qu'elle épousera et je me contenterai de bénir son union. Il se tourna vers moi. C'est lui que tu as choisi, Joriandre ?
Je lui ai fait signe oui avec la tête un immense sourire aux lèvres.
-   Dans ce cas, a-t-il repris, je vous confie ma fille. Prenez-en bien soin. Elle est ce que j'ai de plus cher.
-    Je n'y manquerai pas, Monsieur. »
Philippe a donné la clef à mon père et lui a dit de monter dans la charrette avec les enfants.
Nous sommes ressortis de Paris en direction de Suresnes. Nous nous sommes arrêtés devant une jolie petite maison de campagne. Philippe l'a montrée du doigt et a lancé à mon père:
« Elle est à vous, ainsi que ces quelques hectares de terre que vous pourrez utiliser comme bon vous semble. »
Il a donné quelques ordres à l’homme qui conduisait l’attelage et puis nous les avons laissés admirer la maison à leur aise. Mon père était tellement heureux qu'il avait les larmes aux yeux. Le cocher les reconduirait et les aiderait à transférer leurs affaires.

Avant de rentrer chez lui, Philippe m'a emmenée voir où nous habiterions. Le terrain se trouvait plus ou moins à la même distance entre Suresnes, Versailles et Paris. Il était vraiment bien situé. Cela faisait presque 15 jours que les ouvriers avaient commencé le travail. La construction progressait petit à petit. Nous pourrions emménager dans les temps.

Nous sommes ensuite rentrés chez ses parents. Quand nous sommes arrivés, il m'a dit de monter et de l'attendre dans sa chambre. Il est revenu quelques instants plus tard avec Catherine. Elle avait en main une superbe robe rouge qu'elle avait confectionnée pour une grande occasion. Elle la déposa dans les bras de Philippe et sortit. Il se tourna vers moi.
« Prends les chaussures sous le lit, une brosse à cheveux et viens avec moi. Je t'expliquerai en chemin. Nous allons essayer de changer les plans de ma mère. » Il arborait un petit sourire machiavélique.
Je me suis exécutée et je l'ai suivi jusqu'à l'écurie.