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samedi 11 mai 2013

Joriandre Carpe Noctem chapitre 3

Voilà le dernier chapitre que je vous offre pour vous mettre l'eau à la bouche. Attention il contient des scènes très érotiques, de préférence interdites aux moins de 18 ans.


Chapitre 3

Trois années s'écoulèrent paisiblement. J'étais très heureuse d'être au service de Philippe. Pas une journée ne se passait sans jeux et fous rires.
Nous étions en avril 1780 et je venais de fêter mon 18ème anniversaire quinze jours auparavant. La journée était tellement ensoleillée qu'on se serait cru en plein été.
Philippe avait terminé son entraînement militaire et il avait décidé de prendre quelques mois de bon temps avec moi avant de penser sérieusement à rentrer dans la garde royale auprès de son oncle. Il travaillait de temps à autre avec lui mais seulement quand il en avait envie ou qu’il y avait une mission vraiment urgente à accomplir. Il ne manquait de toute manière pas d’argent.

Ce jour-là, nous avons fait une course à cheval. Je n'étais pas aussi rapide que lui mais il n'arrivait quand même pas à me semer. Ensuite, nous nous sommes exercés à l'épée. Il m'avait appris à manier la lame. En fait, j'avais tellement insisté pour qu'il me montre comment utiliser une épée qu'il avait décidé de m'en enseigner le maniement. Comme après chaque entraînement, il m'a dit que pour une fille en robe je me débrouillais très bien. En fait, il était fier de moi et de ma capacité à vite assimiler tout ce qu’il m’apprenait. Ce jour-là, je l’ai presque battu, j’ai réussi à déchirer la manche de sa chemise avec la pointe de mon épée.
Nous sommes ensuite allés à l'écurie pour nous reposer tranquillement. Nous nous sommes installés sur la meule de foin pour discuter. Nous étions allongés sur le côté, l'un face à l'autre. Il me fixait l'air songeur sans dire un mot, une brindille de paille aux lèvres.
« Il y a quelque chose qui ne va pas ? lui ai-je demandé.
-    Non. Je réfléchissais. C'est fou ce que tu as changé. Tu es devenue une femme et tu es très belle, tu sais. En plus, ton corset s'est un peu desserré et j’ai un aperçu du Paradis. »
Je me suis redressée d’un bond pour pouvoir le refermer correctement.
J'étais gênée, cela faisait plus de dix minutes qu'il regardait mon décolleté et il ne m'avait rien dit. J'ai pris une poignée de foin et je lui ai lancé à la figure.
« Tu aurais pu me le dire plus tôt ! »
Il en prit une aussi et essaya de me toucher mais il rata son coup.
« J'aime bien regarder les jolies choses et si je te l’avais dit plus tôt, tu m’aurais privé d’une très belle vue »  me répondit-il.
Et nous avons joué comme des gamins avec le foin. Quand nous avons eu terminé notre petite bataille, nous étions couverts de poussières et de brindilles de la tête jusqu'aux pieds. Il allait être l'heure de souper alors nous nous sommes secoués avant de rentrer. Je lui ai frotté ses vêtements et il a frotté les miens. Pendant que je passais mes mains sur sa chemise entrouverte, il me regardait droit dans les yeux et sa respiration s’accélérait. Ensuite ce fut son tour de frotter mes vêtements. Il prenait tout son temps pour épousseter ma robe. J’adorais la sensation de ses mains sur mon corps au travers de ma robe, je sentais mes seins se durcir et ma respiration s’accélérer aussi. Apparemment, nous ressentions la même chose l’un pour l’autre. Puis nous nous sommes mis en route en silence pour la cuisine, et en passant près de lui, j’ai remarqué qu’il était plutôt à l’étroit dans son pantalon. Il m’a demandé de l’attendre avec les autres  pendant qu’il résolvait un problème personnel.
Quand je suis arrivée, il n’y avait que Sophie en train de finir la préparation du repas.  Puis les autres sont arrivés et Philippe a fermé la marche. Raphaël m'a regardée puis a jeté un coup d’œil à Philippe et a crié assez fort pour que tout le monde puisse l'entendre:
«  Qu'est-ce que vous avez fait dans la paille pour être encore couverts de poussière ?
-    C'est certain qu'avec le temps qu'ils sont restés dans l'écurie, ils se sont bien amusés, répondit Pierre en rigolant.
Philippe leur répondit le sourire aux lèvres.
-    Je suis désolé Messieurs de mettre fin à vos ragots, mais nous avons juste discuté. »
Ils n'avaient pas l'air de le croire et continuaient à rigoler.

Après le souper, Philippe a décidé de prendre son bain car le lendemain matin, il devait aller voir son oncle à Versailles afin de prendre des nouvelles de la bataille qui faisait rage en Amérique. Les Français étaient entrés en guerre contre les Anglais pour aider les Américains à conquérir leur indépendance. François avait déjà préparé la baignoire et les seaux quand nous sommes arrivés dans sa chambre.
Philippe s'est déshabillé et s'est installé confortablement dans l’eau pendant que je rangeais du linge dans son armoire et que je mettais les serviettes à chauffer en face du feu.
C'est vrai qu'il avait changé aussi. Son corps s'était pas mal élargi et je trouvais cela sexy de voir cette fine ligne de poils qui reliait ses seins avant de descendre vers le bas de son torse et disparaître sous le niveau de l’eau. Il était bien musclé,  on voyait la découpe de ses abdominaux et de ses pectoraux. C'était un homme maintenant et un très beau spécimen, je dois l’avouer. Je ne me lassais pas de l’admirer à chaque fois que je le voyais nu dans son bain. Et pour couronner le tout, même si je rougissais quand je le regardais sous la ceinture, je ne me privais jamais du plaisir d’y jeter un coup d’œil de temps à autre. Je n’avais jamais vu d’autre homme nu avant et pour moi, je trouvais son membre magnifique et intrigant. Quand j’y pensais, je trouvais ça bizarre qu’il ne soit pas encore marié et en même temps j’étais soulagée. Je me demandais s’il me garderait auprès de lui si ça devait arriver un jour et un élan de tristesse m’enveloppa. J’ai essayé de sortir ces idées de ma tête et de m’appliquer à mon travail.
Je lui ai frotté ses magnifiques cheveux en lui massant le cuir chevelu. Il avait fermé les yeux et avait l’air de savourer l’instant. Ensuite, je lui ai lavé le dos et la poitrine. Arrivée dans le bas du ventre, il m'a attrapé la main et a essayé de la descendre plus bas.
«  Lâche-moi ! S'il te plaît ! Ce n’est pas drôle ! »
Il a fait semblant de me lâcher et au lieu de cela, il a tiré d'un coup sec sur ma main, m'a déséquilibrée et je me suis finalement retrouvée dans la baignoire. Il m'a alors coincée entre ses jambes pour que je ne sorte pas de là. Je sentais quelque chose de dur contre mes fesses. Puis avec son index et son pouce, il a attrapé mon menton et a soulevé ma tête pour que je le regarde droit dans les yeux.
« Je t'aime, Jori. Je t'ai toujours aimée. »
Il s'est penché sur moi et a frôlé mes lèvres avec les siennes d’une manière un peu hésitante. Il voulait probablement voir comment je réagirais. Ensuite, il m'a embrassée et je l'ai laissé faire. Sa langue s’est frayée un chemin dans ma bouche et je n’ai opposé aucune résistance. Ce contact me procurait une sensation de chaleur et de plaisir inimaginable. Sa langue dansait avec la mienne, il la caressait et la suçait. Je ressentais des sensations que je n’avais jamais éprouvées jusque là. J’avais envie de sentir son corps sur le mien, de le sentir profondément en moi. Il a mis sa main sur mon genou et a commencé à remonter doucement ma robe pour en arriver à caresser ma cuisse. A ce moment, une sonnette d’alarme retentit dans mon cerveau. Attention, il n’est pas pour toi ! Tant bien que mal, j’ai essayé de le repousser.
« Arrête s’il te plaît ! » lui ai-je demandé.
Il s'est arrêté et je suis sortie de la baignoire. Je dégoulinais de partout. Il avait l’air un peu déçu.
« Comment est-ce que je vais faire pour aller me changer sans mettre de l'eau partout ? Avec ta chambre à nettoyer, c'est largement suffisant. En plus, si je tombe sur ta mère, elle va encore s’énerver. On va en entendre parler pendant des mois.
Il m’a regardée et finalement s’est mis à rire.
-    J'ai une idée, me dit-il, j'irai te chercher une autre robe lorsque je serai sec. Et pendant ce temps-là, tu pourras prendre ton bain. Je te jure que je ne regarderai pas. Même si ce n’est pas l’envie qui me manque. »
Il est sorti de l'eau. J’ai essayé de ne pas regarder son entrejambe qui avait atteint des proportions bien plus grandes que d’habitude et je lui ai passé sa serviette autour des hanches en essayant de ne pas le toucher à cet endroit stratégique. Je l'ai essuyé avec un autre morceau de tissu. J’avais beau essayer de regarder ailleurs, ma vue était attirée par cette énorme bosse sous la serviette. J’avais une envie folle de la toucher pour voir les sensations que j’éprouverais et comment elle réagirait. Moi et ma curiosité maladive. Il a remarqué que je fixais cette déformation du tissu. Un énorme sourire apparut alors sur son visage.
« Si ça t’intrigue à ce point-là, tu peux mettre ta main dessus. C’est à cause de toi que je suis dans cet état-là.
Sa voix était basse et rauque. J’ai senti mon visage devenir tout rouge jusqu’aux racines de mes cheveux. J’étais perdue dans mes pensées, je ne savais plus quoi faire ni quoi penser. Je ne savais pas ce qui se passait dans mon corps, mais j’avais soudain une envie folle de lui, je voulais sentir ses mains sur mon corps, sa langue sur ma peau. Pendant que j’avais la tête ailleurs, il a laissé tomber sa serviette au sol, a attrapé ma main et l’a posée sur son membre en érection. Je suis sortie de ma rêverie comme si j’avais été brûlée à la main. Je n’osais cependant pas bouger. Ma main reposait à plat sur son membre si dur mais dont l’extrémité était douce comme du velours. Il me fixait avec un regard coquin puis avec sa main, il guida la mienne. Je le caressais doucement sur toute sa longueur.
« Serre tes doigts un peu plus. Tu ne risques pas de me faire mal.
J’ai machinalement obéi à ses recommandations et comme résultat de ma manipulation, il a gémi.
J’ai eu peur de lui faire mal et puis j’ai repris mes esprits. Qu’étais-je donc en train de faire ? Je ne devais pas le toucher comme ça alors qu’il n’était pas à moi. J’ai retiré vivement ma main et je l’ai regardé pour voir sa réaction. Il haletait et il avait vraiment l’air désolé que je l’aie lâché. Apparemment ma manipulation était très agréable.
J’ai fait comme si de rien n’était, je n’osais plus le regarder dans les yeux. J’ai vite terminé de le sécher et je l’ai aidé à s’habiller. Ensuite, il est parti me chercher une robe dans ma chambre. J'en ai profité pour me déshabiller et je me suis enfoncée dans l'eau tiède de la baignoire en espérant qu’elle apaiserait le feu qui était né entre mes jambes.
Il est revenu un bon moment après, a déposé la robe sur son lit et est aussitôt ressorti pour attendre devant la porte. Evidemment Philippe avait bien choisi la robe. Il avait pris une robe vert pâle très décolletée et en plus les lacets se fermaient derrière. Je l'ai donc appelé pour qu'il vienne m'aider et il ne s'est pas fait prier.

Nous nous sommes ensuite séparés un moment car je devais nettoyer sa chambre. François est venu enlever la baignoire et j'ai enfin pu commencer à éponger l'eau que nous avions mise partout.
Pendant ce temps, Philippe était parti discuter avec son père. C’était plutôt rare mais ça lui arrivait. En fait, quand il parlait avec son père, c’était au sujet du roi.

Je devais l'attendre dans son bureau. J'ai donc choisi un livre pour lui faire la lecture quand il serait là. Il est entré dix minutes plus tard et s'est installé dans son fauteuil. Je me suis assise à ses pieds, le livre sur mes jambes que j'avais croisées devant moi et le dos contre ses jambes. De là où il était en se penchant un peu, il devait certainement avoir une très belle vue sur ma poitrine. D’ailleurs ce soir-là, il n’a pas arrêté de gesticuler sur son siège. Il se faisait tard et je commençais à me sentir fatiguée alors je lui ai suggéré d’aller se coucher. Je me suis levée et je me suis dirigée vers la porte sans même lui prêter un regard. Je l'avais déjà ouverte quand il m'a rejointe. Il m'a saisi le poignet et m'a attirée contre lui. Il a reclaqué la porte avec le pied et m'a de nouveau embrassée tout en me repoussant contre la porte. J’étais coincée contre son corps, sa langue caressait la mienne avec passion, il la suçait, s’en délectait. Ses hanches étaient tellement pressées contre moi que je sentais son érection au travers le tissu de ma robe. Puis ses lèvres sont descendues le long de mon cou. Il avait une telle manière de frôler ma peau avec ses lèvres qu'il faisait naître en moi des désirs que je n'avais jamais ressentis jusque là. Sa main droite est descendue sur mon sein, il continuait à déposer de petits baisers sur le bas de mon cou tout en descendant vers ma poitrine. J’avais glissé ma main dans sa chevelure et ma respiration s’était faite haletante.
Tout à coup, son étreinte se relâcha et il me glissa « bonne nuit » au creux de l'oreille. Il sortit avec un petit sourire en coin.
Une fois rentrée dans ma chambre, chose très difficile à faire car mes jambes tremblaient d’excitation, je me suis déshabillée et me suis glissée sous les couvertures. Je n'arrivais pas à trouver le sommeil. Je pensais sans cesse à ce que Philippe m'avait dit lorsque nous étions dans la baignoire, aux baisers que l'on avait échangés, à sa langue, à ses doigts brûlants sur ma peau. Ça suffisait à rallumer ce feu en moi. Ce n'était pas possible que quelqu'un comme lui soit tombé amoureux de moi. Je me suis finalement endormie aux petites heures du matin après avoir retourné tous les évènements de la veille dans ma tête et après avoir réussi à me calmer, chose très difficile à faire lorsque l’on est frustré.

Le lendemain matin, j'ai réveillé Philippe et je l'ai aidé à se préparer pour aller à Versailles. J'ai juste eu droit à un rapide bonjour, un baiser sur la joue et puis il est parti comme un ouragan.
J'étais un peu triste, je me suis dit que j'avais dû rêver ce qui s’était passé entre nous. Je devais me faire beaucoup trop d'idées. Après tout, qu'est-ce que quelqu'un de son rang ferait avec moi, pauvre Parisienne ? Peut-être à la limite pensait-il juste au sexe ? Je savais que pas mal de nobles trouvaient du plaisir à se satisfaire sexuellement avec des bonnes ou des femmes de la rue.
Il était parti rendre visite à son oncle. Les nouvelles de la guerre l'intéressaient énormément. Il ne voulait pas forcément y participer mais il trouvait cela utile de se tenir au courant de l'actualité. En plus, il voulait rendre une brève visite à son ami Maximilien. C’était le seul vrai ami qu’il avait, hormis moi, et qui faisait partie de la noblesse. Il m’en parlait fréquemment et j’avais l’impression de le connaître même si je ne l’avais jamais vu. Il était avocat et Philippe m’avait dit que c’était un homme bien, que si jamais un jour j’avais un souci, il serait là pour moi aussi. Parfois, quand il partait voir son ami, il emmenait un petit coffret avec lui. Je ne savais pas à quoi cela servait et je ne lui ai jamais posé la question.

Quand il est revenu, j'étais dans l'écurie en train de donner à boire à Nuage. Il est arrivé par derrière sans faire de bruit et m'a prise dans ses bras. Comme je ne m'attendais pas à cela, j'ai lâché le seau d'eau qui s’est renversé à mes pieds et a mouillé le bas de ma robe.
«  Tu m'as fait peur ! Tu pourrais te faire entendre quand tu arrives.
Il m'a regardée puis a rigolé.
-    J'adore quand tu t'énerves, tu es encore plus sexy » m'a-t-il lancé.
Il m'a pris la main et m'a emmenée vers le tas de paille. Nous nous sommes allongés et il m'a raconté ce qu'il avait fait à la capitale et à Versailles. Je l’écoutais avec attention, il avait toujours une manière particulière de raconter ses histoires qui rendait les choses, même insignifiantes, intéressantes.
Je me suis rendue compte en l’écoutant et en le regardant que mon cœur battait toujours plus fort quand il était près de moi. En fait, je l'aimais depuis longtemps, très longtemps et bien plus qu'un simple ami. Mais je refusais de l’admettre de peur d’être rejetée à cause de notre différence de rang.
Il s'est rapproché de moi et m'a embrassée. Il m’a poussée contre la paille pour que je sois complètement allongée. Il s’était mis sur moi et j’avais écarté instinctivement mes jambes pour qu’il soit plus à l’aise. Ses lèvres se promenaient dans mon cou et il les fit descendre jusqu'à ma poitrine.
« J'ai tellement envie de toi, Jori que ça me rend fou.»
Ça, je le sentais très bien. Il avait mis sa main sur mon sein.
-    S'il te plaît, arrête, Philippe ! On ne peut pas.
-    Pourquoi ? Tu n’aimes pas ?
-    Bien sûr que si que j’aime quand tu me touches, là n'est pas la question. Moi aussi, j'ai envie de toi. J'adore tes caresses. Tu fais frémir mon corps entier. Mais je ne peux pas. Rien qu’à l’idée que dans quelques temps ta famille te mariera à quelqu’un de ton rang, j’en suis triste à mourir. Franchement, j’envie cette personne car je suis sûre que tu la rendras aussi heureuse que je l’ai été toutes ces années à tes côtés. Je me dis que je devrais peut-être me réserver pour mon futur mari.
Une larme roula sur ma joue. Il l’essuya avec son index.
-    Et si j’étais ton futur mari ?
Je le regardais abasourdie, avais-je bien entendu ?
-    Il n'est pas question que je me marie avec une de ces précieuses poupées qu'on trouve dans la noblesse. Je ne veux que toi, Joriandre. Est-ce que tu voudrais devenir ma femme ? »
Ses yeux brillaient d’excitation.
J'ai accepté sans trop réfléchir tout en sachant très bien que c'était impossible. Et il m'a serrée dans ses bras. Nous étions les personnes les plus heureuses de la terre. Nous étions couchés l'un contre l'autre, lui sur le dos et moi sur mon côté. J'avais mis ma jambe entre les siennes et avec ma main droite, je caressais sa poitrine. Sa peau était douce, chaude, j’adorais la sensation de ses poils sur la paume de ma main. Je n’avais qu’une seule envie : descendre ma main bien plus bas, dans son pantalon, là où j’apercevais à nouveau cette bosse, mais intérieurement, je priais pour que Madame La Comtesse n’arrive pas dans l’écurie et nous surprenne ainsi enlacés.
Nous faisions des projets pour notre futur. Il voulait au moins trois enfants et il avait déjà projeté de s'installer dans la campagne parisienne. Comme cela, nous serions proches de la capitale tout en n'y vivant pas. Le seul obstacle qu'il restait à franchir étaient les parents de Philippe, autant dire un problème pratiquement insurmontable.
Il m'a dit qu'il irait demander ma main à mon père dans une quinzaine de jours. Il m'a même glissé à l'oreille qu'il avait trouvé une maison beaucoup plus grande pour lui et ma famille. J'étais tellement heureuse à l'idée qu'ils allaient enfin avoir un peu d'espace pour vivre tranquillement.

L'heure du dîner approchait alors nous sommes rentrés. Les autres étaient déjà à table lorsque nous sommes arrivés dans la cuisine. Dès que le repas fut terminé, nous nous sommes installés confortablement dans le bureau. J’ai repris le livre que j’avais commencé à lire la veille dans la bibliothèque pendant que Philippe lisait le journal. J’allais continuer ma lecture de « Candide » de Voltaire quand Madame la Comtesse est entrée dans la pièce sans même se donner la peine de frapper à la porte et a demandé à mon ami de la suivre. Il s'est levé et est sorti de la pièce en traînant les pieds. Elle l'a emmené dans la salle de séjour pour discuter. Son mari était là aussi et comme d'habitude il ne disait rien.
Il préférait se laisser dominer par sa femme. Marie-Louise (c'était le prénom de la comtesse) prit donc la parole.
«  J'ai quelque chose à vous annoncer, mon cher fils et je voudrais que vous ne m'interrompiez pas pour une fois. Vous êtes un homme à présent et il faudrait songer à vous marier. Votre père et moi vous avons laissé assez de temps pour batifoler, vous auriez déjà dû être marié depuis un moment et avoir donné des héritiers à notre famille. Pour cela, nous vous avons choisi une charmante jeune fille, bien éduquée. Elle s'appelle Henriette et aura bientôt quinze ans. Je sais que c'est jeune mais nous avons fixé la date de votre mariage au 15 septembre de l'année prochaine, soit le jour de son seizième anniversaire, ainsi vous aurez largement le temps de faire connaissance. Je suis sûre que vous formerez un couple charmant. Alors qu'en pensez-vous ?
-    Que c'est ridicule, répondit Philippe, je n'épouserai pas cette fille parce que j'ai déjà choisi ma future épouse. En plus, vous connaissant, elle doit certainement avoir le même style de caractère que vous et je ne me marierai jamais avec quelqu'un qui pourrait vous ressembler, Mère. Je préfère encore mourir et aller pourrir en enfer.
-    Peu importe votre opinion, vous l'épouserez et c'est un ordre. Ses parents vous la présenteront demain. J'espère que vous saurez vous tenir. En attendant, vous pouvez retourner faire la lecture à votre putain de boniche.
-    Ma putain de boniche comme vous l’appelez vaut un milliard de fois plus que vous, vous ne lui arriverez jamais à la cheville. »

Philippe sortit de la pièce en colère et en claquant la porte. S'il avait pu, il aurait tué sa mère. Il est ensuite revenu au bureau où je l'attendais impatiemment. A sa mine défaite, je savais que quelque chose ne tournait pas rond.
«  Qu'est-ce qui se passe Philippe ?
-    Je t'expliquerai demain. Pour l'instant, je vais dans ma chambre. J'ai besoin de réfléchir. »
Il m'a embrassée sur les lèvres, m'a dit qu'il m'aimait et est sorti. Je n'avais pas l'esprit tranquille quand je me suis couchée. Je n’aimais pas quand il était dans cet état-là et qu’il ne voulait pas parler.

Je me suis levée à l'aube comme chaque jour. J'aimais beaucoup regarder le soleil qui se levait car il brillait souvent de mille couleurs. J’ai vite enfilé une robe de couleur vieux rose avec des manches longues, le décolleté qui était très plongeant était dissimulé en partie par de la dentelle. Je me suis alors rendue à l'écurie pour m'occuper de mon beau cheval noir. Philippe m'avait proposé de l'accoupler avec une superbe jument, ce que nous avions fait et il m'avait promis de me donner le poulain qui naîtrait prochainement.
Pierre m'a rejointe et m'a dit que François l'envoyait me prévenir que je ne devais pas me déplacer pour réveiller le maître. Il le ferait lui-même. Philippe voulait dormir plus longtemps. Je trouvais ça très bizarre, d’habitude, il était le premier à vouloir se lever.
Vers 11 heures, alors que je terminais d'abreuver les chevaux, Philippe est entré dans l'écurie avec pendue à son bras une gamine aux longs cheveux noirs habillée comme une poupée. Elle avait une robe magnifique en soie rose avec des broderies et des perles qui la décoraient. Son décolleté laissait entrevoir une poitrine minuscule comparée à la mienne. Philippe n’avait pas encore refermé les portes de l’écurie que je l'entendais déjà râler. On aurait dit la mère de Philippe en modèle réduit. Mon cœur s’est serré dans ma poitrine. La jalousie m’étreignait, j’avais envie de la réduire en charpie. Comment osait-elle toucher Philippe ?
«  Mais que fait-on dans l'écurie Philippe, alors que Père et Mère nous attendent dans la salle de séjour ?
-    Henriette, fermez-la tant que je ne vous dis pas de parler. »
Il ne m'a fallu que quelques secondes pour comprendre que sa mère lui infligeait une future épouse à la façon dont il lui parlait. Je ne l’avais jamais vu aussi méchant sauf avec sa mère.
Il la prit par les bras et la fit asseoir de force sur le tas de foin. Il la regardait avec un air menaçant.
«  Vous vous asseyez là et vous ne bougez pas, sinon je vous mets la fessée de votre vie. C’est moi le maître ici et je ne supporte pas qu’on me désobéisse. »
La pauvre gamine avait l'air intimidée voire terrorisée. Ça lui allait bien de jouer au méchant.
Il est venu près de moi. De là où elle était, elle ne pouvait pas nous voir à cause de la palissade. Je n'avais jamais vu Philippe aussi débraillé. Il avait mis un pantalon qui n'était pas très propre, celui qu'il mettait pour monter à cheval et qui était constellé de traces en tout genre et sa chemise blanche qui était pleine de taches douteuses était restée ouverte sur sa poitrine légèrement velue.
En plus, elle pendait en dehors de son pantalon. Il n'avait même pas pris la peine de se raser. Vu sa tenue, j'étais certaine qu'il faisait tout pour que cette charmante personne prenne ses jambes à son cou. Mais moi, il me plaisait aussi ainsi. Il avait un air un peu bestial. J’avais envie de passer ma main sur sa barbe naissante avant de lui arracher ses vêtements.
Arrivé à ma hauteur, il m'a prise dans ses bras et m'a embrassée.
«  Quand je ne suis pas avec toi, tu me manques toujours tellement. »
Il m'a expliqué l'idée de sa mère et m'a juré qu'il trouverait un moyen pour qu'on reste à deux pour la vie. Nous avons sellé les chevaux et nous sommes partis nous promener dans les bois et la campagne environnante en laissant Henriette seule à l’écurie. Il avait emmené une couverture et nous avons passé l'après-midi à pique-niquer et à discuter soit main dans la main en nous promenant, soit allongés l’un contre l’autre sur la couverture.

J’avais fermé les yeux et je laissais le soleil baigner mon visage tout en écoutant la voix de Philippe lorsque ses lèvres se sont posées sur les miennes. Doucement d’abord puis il glissa sa langue dans ma bouche et caressa la mienne avidement. Il la suçait, me mordillait la lèvre inférieure avant de reprendre possession de ma bouche et de ma langue. Il envoyait des ondes de plaisir dans tout mon corps. J’avais l’impression que toutes les sensations qui m’envahissaient se dirigeaient vers mon bas ventre. J’avais posé la main sur son visage car j’aimais la sensation de sa barbe naissante sur mes doigts. Tout en m’embrassant, sa main s’était posée sur mon sein, il avait glissé ses doigts dans mon décolleté et avait sorti mon sein de ma robe. Il le malaxait, le soupesait, jouait avec le téton durci entre son pouce et son index. Je gémis dans sa bouche. Je savais ce qu’il voulait faire et je ne voulais plus l’arrêter. C’était lui que je voulais, il fallait qu’il soit le premier à poser ses mains sur moi. Il s’était mis sur moi et avait glissé ses jambes entre les miennes. Il relâcha ma bouche et se dirigea lentement vers mon sein en déposant une multitude de baiser sur le trajet entre mon cou et ma poitrine. Il s’empara de mon téton avec les dents et il suça le bout, le taquina avec sa langue, et puis de nouveau doucement avec les dents. J’aurais pu mourir de plaisir entre ses mains. Je sentais déjà mon ventre se contracter rien qu’à l’idée de ce qu’il me ferait bien plus bas. Une de ses mains avait d’ailleurs déjà trouvé le chemin sous ma robe. Il me caressait le genou et remontait doucement, tout doucement sa main le long de ma cuisse. Ses doigts trouvèrent mon entrejambe.
« Ma chérie, je crois que tu es déjà toute prête pour moi ! me chuchota-t-il à l’oreille. Il inséra un doigt et mon corps se cambra sous l’effet qu’il me procurait.
« Tu es si humide, si chaude, juste pour moi. »
Il le faisait glisser dedans, dehors, puis il taquinait mon clitoris, m’envoyant des décharges électriques dans tout le corps. Il se redressa un peu pour pouvoir enlever son pantalon. Je l’ai regardé dans les yeux, je me suis redressée et j’ai approché ma main de la fermeture. J’ai défait le lacet de son pantalon et j’ai caressé l’énorme bosse qu’il cachait. Un son rauque sortit de sa gorge et il retira d’un trait son pantalon libérant son sexe dressé d’une taille assez impressionnante. Je me demandais d’ailleurs comment il allait s’arranger pour faire rentrer tout ça. J’avais un peu peur mais je savais qu’il serait tendre avec moi. Je fis glisser ma main de haut en bas le long de son membre. Il était dur et tellement large que je n’arrivais pas à en faire le tour avec mes doigts mais sa peau était si douce surtout à son extrémité. J’ai approché ma tête et j’ai passé ma langue sur son gland. Je voulais le goûter. Il me regarda tout étonné de ce que j’osais faire. Puis je l’ai pris dans ma bouche et j’ai commencé à le sucer avidement. Il se mit à gémir tout en guidant le rythme de ma tête avec sa main. J’aimais son goût salé, et j’adorais la sensation que ça me procurait de le sentir profondément dans ma bouche. J’étais très contente de savoir que je pouvais lui faire énormément de bien. Je me sentais quelque part fière de moi.
Il stoppa soudainement ma tête. Je me demandais pourquoi il m’arrêtait, alors avec ma langue je taquinais le bout de son gland.
« Arrête Joriandre, si tu continues comme ça, je vais jouir dans ta bouche. 
-    Et ce n’est pas bien ? lui demandai-je un peu anxieuse à l’idée qu’il n’aimait pas ce que je lui faisais.
-    Oh si, ce serait même génial mais pour ta première fois, je voudrais vraiment m’enfoncer en toi et jouir en toi. »
Je l’ai regardé droit dans les yeux, il avait l’air à bout de souffle tellement il essayait de se contrôler. Je lui ai lancé un grand sourire. J’étais tellement heureuse en ce moment, de savoir qu’il serait bientôt en moi.
Il s’est alors jeté sur moi et m’a rallongée sur la couverture.
« Je me dois de te rendre la pareille mon amour. »
Il releva ma robe doucement et déposa plein de baisers le long de mes jambes en remontant vers mon bas-ventre. Je me suis soudain sentie gênée et exposée  à l’idée qu’il allait mettre la langue à cet endroit-là. J’avais envie de refermer les jambes mais sa tête était déjà entre mes cuisses et avant que je puisse dire quoi que ce soit il déposait un baiser sur ma toison. Puis sa tête s’est dirigée un peu plus bas, sa langue me caressait à l’endroit le plus sensible de mon anatomie. Je ne pus m’empêcher de gémir. Il avait réinséré un doigt entre mes lèvres humides et titillait mon clitoris avec sa langue. Une tension à laquelle je n’étais pas habituée s’accumulait en moi, je me sentais prête à exploser et effectivement, j’étais tellement sensible qu’il ne lui a fallu que quelques coups de langue pour me faire atteindre l’orgasme. C’était la première fois que je ressentais quelque chose comme ça, mon corps entier était secoué par des spasmes. Je ne pouvais pas m’empêcher de pousser des petits cris et j’avais mis ma main sur ma poitrine pour calmer les battements de mon cœur et reprendre mon souffle. Philippe s’est placé entre mes jambes sans que je m’en rende vraiment compte, il a approché sa bouche de mon oreille et m’a chuchoté :
« Si tu savais ce que ça me fait quand tu cries comme ça pour moi. 
Il était en appui sur ses coudes.
-    Mets tes jambes autour de ma taille. »
Je me suis exécutée au plus vite, j’avais tellement envie de plus, envie de le sentir au plus profond de moi mais en même temps, j’avais un peu peur de ces sensations divines que je n’avais jamais éprouvées et qui étaient nouvelles pour moi. J’étais aussi un peu effrayée car je savais, vu la taille du membre de Philippe, que ce qui allait suivre ne serait pas sans douleur.
Il a déposé plein de baisers partout sur mon visage, pendant qu’il se positionnait correctement à l’entrée de mon point le plus chaud et le plus humide. Il se glissa juste un peu en moi avant d’être tout de suite arrêté par la barrière de mon hymen.
« Tu es sûre de ce que tu veux mon amour ? Après il sera trop tard pour m’arrêter, on ne pourra plus revenir en arrière.
-    Oh oui Philippe, je veux être à toi. Je veux te sentir en moi. Viens s’il te plaît. »
J’avais passé mes bras autour de son cou.
Il m’embrassa passionnément, sauvagement, il mordilla ma lèvre inférieure avant de reprendre possession de ma bouche avec sa langue pour me distraire et il me pénétra d’un coup de reins puissant. J’ai resserré l’étau de mes jambes et de mes bras autour de lui. Mon petit cri de douleur se perdit dans sa bouche au moment où mon hymen se déchira. Il s’immobilisa. Il attendait que mon corps s’habitue à la présence du sien à l’intérieur. Il me remplissait pleinement. Puis il s’est mis à se mouvoir entre mes cuisses très lentement d’abord pour s’assurer qu’il ne me faisait pas mal. Lorsqu’il vit à mon expression que la douleur avait disparu, il accéléra la cadence jusqu’à ce que j’atteigne à nouveau l’orgasme. Pendant que mon corps se calmait des secousses déclenchées par ma jouissance, Philippe s’enfonça encore deux fois très profondément en moi avant de s’immobiliser ayant trouvé sa libération et se déversant en moi en poussant un petit son guttural qui me fit frissonner. Il avait posé son front sur le mien et me regardait avec un énorme sourire et plein d’amour dans le regard. Nous étions tous les deux essoufflés tellement c’était intense.
« Ça va mon amour ? Ce n’est pas trop douloureux ?
-    Non, ne t’inquiète pas, c’était waow. Je n’ai pas de mot pour décrire ça. On recommence quand tu veux.
-    Dans cinq minutes  alors, le temps que je récupère un peu. Tu m’as mis en appétit. »
Et il s’est à nouveau jeté sur moi un sourire coquin au coin des lèvres et a recommencé à me caresser et à m’embrasser.

Quand nous sommes rentrés, il était déjà l'heure du dîner et cette chère Henriette et ses parents étaient repartis à notre grand bonheur.
Nous étions en train de manger quand la mère de Philippe a brusquement ouvert la porte de la cuisine. Tous les domestiques se sont levés sauf Philippe et moi.
« Eh bien mon fils, auriez-vous oublié la politesse ?
-    Non, Mère. Je ne me lève que pour les personnes que je respecte. Et vous n'en faites pas partie. Alors dépêchez-vous de cracher votre venin que nous puissions terminer notre repas tranquillement.
-    Très bien, lança-t-elle, votre date de mariage est fixée comme prévu au 15 septembre de l’année prochaine. Peu importe votre tenue d'aujourd'hui car vous n'avez pas réussi à la faire fuir. J'ai arrangé l'affaire avec ses parents.
-    Je n'accepterai qu'à une seule condition, Mère. (Je le regardais incrédule) Je veux qu'on me construise une petite demeure à mi-chemin entre Versailles et Paris où je vivrai seul avec mes domestiques jusqu'à l'année prochaine sans jamais voir une seule fois la tête d'Henriette. Si vous n'êtes pas d'accord, vous pouvez faire une croix sur le mariage parce que j'utiliserai tout ce qui est en mon pouvoir pour que ce mariage n'ait jamais lieu. Et s'il le faut j'irai jusqu’ à me tuer pour ça ou mieux encore, tout simplement la tuer car je suis certain que ce ne sera pas une grande perte pour la France. Encore une petite chose, Mère, la maison doit être prête pour la fin du mois de mai. »
Madame la Comtesse sortit contrariée et humiliée de la pièce par ce fils qui osait lui tenir tête. Le fait qu'elle n'ait pas répondu signifiait que Philippe aurait ce qu'il avait demandé.
Je me demandais où il voulait en venir avec cet ultimatum qui ne m’avait franchement pas plu du tout et il m'a expliqué que c'était un moyen de gagner du temps. De toute façon, ultimatum accepté ou pas, il ne comptait pas épouser cette petite peste d’Henriette. Il préférait mourir plutôt que de devoir supporter toute sa vie une personne comme elle, fausse, hautaine et qui ressemblait si fort à sa propre mère. Pour couronner le tout, elle avait un petit pois à la place du cerveau et Philippe adorait discuter d’égal à égal et échanger des points de vue. Elle était totalement incompatible avec lui.

Le lendemain matin, il est parti à la recherche d'un terrain pour bâtir notre petite maison. Et il a trouvé un superbe coin pour deux jeunes mariés qui veulent leur tranquillité. Il y avait un bois à proximité et partout ailleurs ce n'étaient que des champs à perte de vue. Les travaux ont commencé dès le lendemain de l’achat du terrain et évidemment ils étaient très nombreux à travailler sur ce bâtiment. Madame La Comtesse voulait tellement que son fils s’en tienne à sa promesse qu’elle honorerait le délai imparti. Ils avaient un peu moins de deux mois pour finaliser la construction. Philippe a jeté un coup d'œil aux plans, a donné son approbation et le tour était joué. D'après les ouvriers, la maison serait achevée sans problème pour la fin mai.

Le 17 avril au matin, alors que j'étais à la cuisine occupée à discuter avec Catherine, Philippe est passé en coup de vent. Il m'a attrapé la main et m'a emmenée dehors.
« Où va-t-on Philippe ? Tu as l’air bien pressé.
-    Tu le verras quand on y sera, mon amour. »
Il m'a aidée à grimper sur Eden tout en prenant un malin plaisir à me caresser les fesses et est monté derrière moi.
« Pourquoi est-ce que je ne prends pas Nuage ? Je sais parfaitement monter à cheval.
-    Parce que j'adore t'avoir entre mes bras pour t'embrasser la nuque ou encore te faire ce genre de choses.
Il me colla à sa poitrine et glissa sa main dans mon corset. Il me caressa le sein avant de prendre mon téton durci entre son pouce et son index. Mon corps réagissait à une vitesse folle. Il était affamé de ses caresses. Il le titillait et je sentais son excitation grandir contre mes fesses. Je me pressais davantage contre son entrejambe. Il gémit et chuchota à mon oreille :
« Si tu savais ce que j’ai envie de te faire mon amour mais c’est dommage qu’on soit pressé, sinon je m’arrêterais bien dans un bois pour t’emmener au Paradis. »

Eden galopait tellement vite que mes cheveux partaient dans tous les sens. Je n'avais même pas eu le temps de les attacher. Arrivés à Paris, quand j'ai vu la direction qu'il avait prise, j'ai tout de suite su qu'on allait voir mon père. Une charrette attendait devant la porte de la maison et tous mes frères et sœurs  le regardaient et tournaient autour. Nous sommes descendus de cheval et quand les enfants nous ont vus, ils se sont précipités vers nous en criant. En entendant le vacarme, mon père est sorti pour voir ce qui se passait. Philippe s'est approché de lui et l'a salué.
« Monsieur, si je viens vous voir aujourd'hui, c'est parce que j'ai l'immense honneur de vous demander la main de votre fille aînée. Dans l'espoir de vous avoir pour beau-père et afin que vous sachiez toute l’estime que j’ai pour vous, je voudrais que vous acceptiez ce petit cadeau.
Et il lui tendit une clef.
-   Tous les cadeaux du monde ne pourront acheter ma fille, jeune homme.  Elle est libre de choisir l'homme qu'elle épousera et je me contenterai de bénir son union. Il se tourna vers moi. C'est lui que tu as choisi, Joriandre ?
Je lui ai fait signe oui avec la tête un immense sourire aux lèvres.
-   Dans ce cas, a-t-il repris, je vous confie ma fille. Prenez-en bien soin. Elle est ce que j'ai de plus cher.
-    Je n'y manquerai pas, Monsieur. »
Philippe a donné la clef à mon père et lui a dit de monter dans la charrette avec les enfants.
Nous sommes ressortis de Paris en direction de Suresnes. Nous nous sommes arrêtés devant une jolie petite maison de campagne. Philippe l'a montrée du doigt et a lancé à mon père:
« Elle est à vous, ainsi que ces quelques hectares de terre que vous pourrez utiliser comme bon vous semble. »
Il a donné quelques ordres à l’homme qui conduisait l’attelage et puis nous les avons laissés admirer la maison à leur aise. Mon père était tellement heureux qu'il avait les larmes aux yeux. Le cocher les reconduirait et les aiderait à transférer leurs affaires.

Avant de rentrer chez lui, Philippe m'a emmenée voir où nous habiterions. Le terrain se trouvait plus ou moins à la même distance entre Suresnes, Versailles et Paris. Il était vraiment bien situé. Cela faisait presque 15 jours que les ouvriers avaient commencé le travail. La construction progressait petit à petit. Nous pourrions emménager dans les temps.

Nous sommes ensuite rentrés chez ses parents. Quand nous sommes arrivés, il m'a dit de monter et de l'attendre dans sa chambre. Il est revenu quelques instants plus tard avec Catherine. Elle avait en main une superbe robe rouge qu'elle avait confectionnée pour une grande occasion. Elle la déposa dans les bras de Philippe et sortit. Il se tourna vers moi.
« Prends les chaussures sous le lit, une brosse à cheveux et viens avec moi. Je t'expliquerai en chemin. Nous allons essayer de changer les plans de ma mère. » Il arborait un petit sourire machiavélique.
Je me suis exécutée et je l'ai suivi jusqu'à l'écurie.

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