Chapitre
3
Trois années s'écoulèrent paisiblement.
J'étais très heureuse d'être au service de Philippe. Pas une journée ne se
passait sans jeux et fous rires.
Nous étions en avril 1780 et je venais de
fêter mon 18ème anniversaire quinze jours auparavant. La journée
était tellement ensoleillée qu'on se serait cru en plein été.
Philippe avait terminé son entraînement
militaire et il avait décidé de prendre quelques mois de bon temps avec moi
avant de penser sérieusement à rentrer dans la garde royale auprès de son
oncle. Il travaillait de temps à autre avec lui mais seulement quand il en
avait envie ou qu’il y avait une mission vraiment urgente à accomplir. Il ne
manquait de toute manière pas d’argent.
Ce jour-là, nous avons fait une course à
cheval. Je n'étais pas aussi rapide que lui mais il n'arrivait quand même pas à
me semer. Ensuite, nous nous sommes exercés à l'épée. Il m'avait appris à
manier la lame. En fait, j'avais tellement insisté pour qu'il me montre comment
utiliser une épée qu'il avait décidé de m'en enseigner le maniement. Comme
après chaque entraînement, il m'a dit que pour une fille en robe je me
débrouillais très bien. En fait, il était fier de moi et de ma capacité à vite
assimiler tout ce qu’il m’apprenait. Ce jour-là, je l’ai presque battu, j’ai
réussi à déchirer la manche de sa chemise avec la pointe de mon épée.
Nous sommes ensuite allés à l'écurie pour
nous reposer tranquillement. Nous nous sommes installés sur la meule de foin
pour discuter. Nous étions allongés sur le côté, l'un face à l'autre. Il me
fixait l'air songeur sans dire un mot, une brindille de paille aux lèvres.
« Il y a quelque chose qui ne va pas ?
lui ai-je demandé.
- Non.
Je réfléchissais. C'est fou ce que tu as changé. Tu es devenue une femme et tu
es très belle, tu sais. En plus, ton corset s'est un peu desserré et j’ai un
aperçu du Paradis. »
Je me suis redressée d’un bond pour pouvoir
le refermer correctement.
J'étais gênée, cela faisait plus de dix
minutes qu'il regardait mon décolleté et il ne m'avait rien dit. J'ai pris une
poignée de foin et je lui ai lancé à la figure.
« Tu aurais pu me le dire plus tôt
! »
Il en prit une aussi et essaya de me
toucher mais il rata son coup.
« J'aime bien regarder les jolies
choses et si je te l’avais dit plus tôt, tu m’aurais privé d’une très belle
vue » me répondit-il.
Et nous avons joué comme des gamins avec le
foin. Quand nous avons eu terminé notre petite bataille, nous étions couverts de
poussières et de brindilles de la tête jusqu'aux pieds. Il allait être l'heure
de souper alors nous nous sommes secoués avant de rentrer. Je lui ai frotté ses
vêtements et il a frotté les miens. Pendant que je passais mes mains sur sa
chemise entrouverte, il me regardait droit dans les yeux et sa respiration
s’accélérait. Ensuite ce fut son tour de frotter mes vêtements. Il prenait tout
son temps pour épousseter ma robe. J’adorais la sensation de ses mains sur mon
corps au travers de ma robe, je sentais mes seins se durcir et ma respiration
s’accélérer aussi. Apparemment, nous ressentions la même chose l’un pour
l’autre. Puis nous nous sommes mis en route en silence pour la cuisine, et en
passant près de lui, j’ai remarqué qu’il était plutôt à l’étroit dans son
pantalon. Il m’a demandé de l’attendre avec les autres pendant qu’il résolvait un problème
personnel.
Quand je suis arrivée, il n’y avait que
Sophie en train de finir la préparation du repas. Puis les autres sont arrivés et Philippe a
fermé la marche. Raphaël m'a regardée puis a jeté un coup d’œil à Philippe et a
crié assez fort pour que tout le monde puisse l'entendre:
« Qu'est-ce que vous avez fait dans
la paille pour être encore couverts de poussière ?
- C'est
certain qu'avec le temps qu'ils sont restés dans l'écurie, ils se sont bien
amusés, répondit Pierre en rigolant.
Philippe leur répondit le sourire aux
lèvres.
- Je
suis désolé Messieurs de mettre fin à vos ragots, mais nous avons juste
discuté. »
Ils n'avaient pas l'air de le croire et
continuaient à rigoler.
Après le souper, Philippe a décidé de
prendre son bain car le lendemain matin, il devait aller voir son oncle à
Versailles afin de prendre des nouvelles de la bataille qui faisait rage en
Amérique. Les Français étaient entrés en guerre contre les Anglais pour aider
les Américains à conquérir leur indépendance. François avait déjà préparé la
baignoire et les seaux quand nous sommes arrivés dans sa chambre.
Philippe s'est déshabillé et s'est installé
confortablement dans l’eau pendant que je rangeais du linge dans son armoire et
que je mettais les serviettes à chauffer en face du feu.
C'est vrai qu'il avait changé aussi. Son
corps s'était pas mal élargi et je trouvais cela sexy de voir cette fine ligne
de poils qui reliait ses seins avant de descendre vers le bas de son torse et
disparaître sous le niveau de l’eau. Il était bien musclé, on voyait la découpe de ses abdominaux et de
ses pectoraux. C'était un homme maintenant et un très beau spécimen, je dois
l’avouer. Je ne me lassais pas de l’admirer à chaque fois que je le voyais nu
dans son bain. Et pour couronner le tout, même si je rougissais quand je le
regardais sous la ceinture, je ne me privais jamais du plaisir d’y jeter un
coup d’œil de temps à autre. Je n’avais jamais vu d’autre homme nu avant et
pour moi, je trouvais son membre magnifique et intrigant. Quand j’y pensais, je
trouvais ça bizarre qu’il ne soit pas encore marié et en même temps j’étais
soulagée. Je me demandais s’il me garderait auprès de lui si ça devait arriver
un jour et un élan de tristesse m’enveloppa. J’ai essayé de sortir ces idées de
ma tête et de m’appliquer à mon travail.
Je lui ai frotté ses magnifiques cheveux en
lui massant le cuir chevelu. Il avait fermé les yeux et avait l’air de savourer
l’instant. Ensuite, je lui ai lavé le dos et la poitrine. Arrivée dans le bas
du ventre, il m'a attrapé la main et a essayé de la descendre plus bas.
« Lâche-moi ! S'il te plaît ! Ce
n’est pas drôle ! »
Il a fait semblant de me lâcher et au lieu
de cela, il a tiré d'un coup sec sur ma main, m'a déséquilibrée et je me suis
finalement retrouvée dans la baignoire. Il m'a alors coincée entre ses jambes
pour que je ne sorte pas de là. Je sentais quelque chose de dur contre mes
fesses. Puis avec son index et son pouce, il a attrapé mon menton et a soulevé
ma tête pour que je le regarde droit dans les yeux.
« Je t'aime, Jori. Je t'ai toujours
aimée. »
Il s'est penché sur moi et a frôlé mes
lèvres avec les siennes d’une manière un peu hésitante. Il voulait probablement
voir comment je réagirais. Ensuite, il m'a embrassée et je l'ai laissé faire.
Sa langue s’est frayée un chemin dans ma bouche et je n’ai opposé aucune
résistance. Ce contact me procurait une sensation de chaleur et de plaisir
inimaginable. Sa langue dansait avec la mienne, il la caressait et la suçait.
Je ressentais des sensations que je n’avais jamais éprouvées jusque là. J’avais
envie de sentir son corps sur le mien, de le sentir profondément en moi. Il a
mis sa main sur mon genou et a commencé à remonter doucement ma robe pour en
arriver à caresser ma cuisse. A ce moment, une sonnette d’alarme retentit dans
mon cerveau. Attention, il n’est pas pour toi ! Tant bien que mal, j’ai
essayé de le repousser.
« Arrête s’il te plaît ! » lui
ai-je demandé.
Il s'est arrêté et je suis sortie de la
baignoire. Je dégoulinais de partout. Il avait l’air un peu déçu.
« Comment est-ce que je vais faire
pour aller me changer sans mettre de l'eau partout ? Avec ta chambre à
nettoyer, c'est largement suffisant. En plus, si je tombe sur ta mère, elle va
encore s’énerver. On va en entendre parler pendant des mois.
Il m’a regardée et finalement s’est mis à
rire.
- J'ai
une idée, me dit-il, j'irai te chercher une autre robe lorsque je serai sec. Et
pendant ce temps-là, tu pourras prendre ton bain. Je te jure que je ne
regarderai pas. Même si ce n’est pas l’envie qui me manque. »
Il est sorti de l'eau. J’ai essayé de ne
pas regarder son entrejambe qui avait atteint des proportions bien plus grandes
que d’habitude et je lui ai passé sa serviette autour des hanches en essayant
de ne pas le toucher à cet endroit stratégique. Je l'ai essuyé avec un autre
morceau de tissu. J’avais beau essayer de regarder ailleurs, ma vue était
attirée par cette énorme bosse sous la serviette. J’avais une envie folle de la
toucher pour voir les sensations que j’éprouverais et comment elle réagirait.
Moi et ma curiosité maladive. Il a remarqué que je fixais cette déformation du
tissu. Un énorme sourire apparut alors sur son visage.
« Si ça t’intrigue à ce point-là, tu
peux mettre ta main dessus. C’est à cause de toi que je suis dans cet état-là.
Sa voix était basse et rauque. J’ai senti
mon visage devenir tout rouge jusqu’aux racines de mes cheveux. J’étais perdue
dans mes pensées, je ne savais plus quoi faire ni quoi penser. Je ne savais pas
ce qui se passait dans mon corps, mais j’avais soudain une envie folle de lui,
je voulais sentir ses mains sur mon corps, sa langue sur ma peau. Pendant que
j’avais la tête ailleurs, il a laissé tomber sa serviette au sol, a attrapé ma
main et l’a posée sur son membre en érection. Je suis sortie de ma rêverie
comme si j’avais été brûlée à la main. Je n’osais cependant pas bouger. Ma main
reposait à plat sur son membre si dur mais dont l’extrémité était douce comme
du velours. Il me fixait avec un regard coquin puis avec sa main, il guida la
mienne. Je le caressais doucement sur toute sa longueur.
« Serre tes doigts un peu plus. Tu ne
risques pas de me faire mal.
J’ai machinalement obéi à ses
recommandations et comme résultat de ma manipulation, il a gémi.
J’ai eu peur de lui faire mal et puis j’ai
repris mes esprits. Qu’étais-je donc en train de faire ? Je ne devais pas
le toucher comme ça alors qu’il n’était pas à moi. J’ai retiré vivement ma main
et je l’ai regardé pour voir sa réaction. Il haletait et il avait vraiment
l’air désolé que je l’aie lâché. Apparemment ma manipulation était très
agréable.
J’ai fait comme si de rien n’était, je
n’osais plus le regarder dans les yeux. J’ai vite terminé de le sécher et je l’ai
aidé à s’habiller. Ensuite, il est parti me chercher une robe dans ma chambre.
J'en ai profité pour me déshabiller et je me suis enfoncée dans l'eau tiède de
la baignoire en espérant qu’elle apaiserait le feu qui était né entre mes
jambes.
Il est revenu un bon moment après, a déposé
la robe sur son lit et est aussitôt ressorti pour attendre devant la porte.
Evidemment Philippe avait bien choisi la robe. Il avait pris une robe vert pâle
très décolletée et en plus les lacets se fermaient derrière. Je l'ai donc
appelé pour qu'il vienne m'aider et il ne s'est pas fait prier.
Nous nous sommes ensuite séparés un moment
car je devais nettoyer sa chambre. François est venu enlever la baignoire et
j'ai enfin pu commencer à éponger l'eau que nous avions mise partout.
Pendant ce temps, Philippe était parti
discuter avec son père. C’était plutôt rare mais ça lui arrivait. En fait,
quand il parlait avec son père, c’était au sujet du roi.
Je devais l'attendre dans son bureau. J'ai
donc choisi un livre pour lui faire la lecture quand il serait là. Il est entré
dix minutes plus tard et s'est installé dans son fauteuil. Je me suis assise à
ses pieds, le livre sur mes jambes que j'avais croisées devant moi et le dos
contre ses jambes. De là où il était en se penchant un peu, il devait certainement
avoir une très belle vue sur ma poitrine. D’ailleurs ce soir-là, il n’a pas
arrêté de gesticuler sur son siège. Il se faisait tard et je commençais à me
sentir fatiguée alors je lui ai suggéré d’aller se coucher. Je me suis levée et
je me suis dirigée vers la porte sans même lui prêter un regard. Je l'avais
déjà ouverte quand il m'a rejointe. Il m'a saisi le poignet et m'a attirée contre
lui. Il a reclaqué la porte avec le pied et m'a de nouveau embrassée tout en me
repoussant contre la porte. J’étais coincée contre son corps, sa langue
caressait la mienne avec passion, il la suçait, s’en délectait. Ses hanches
étaient tellement pressées contre moi que je sentais son érection au travers le
tissu de ma robe. Puis ses lèvres sont descendues le long de mon cou. Il avait
une telle manière de frôler ma peau avec ses lèvres qu'il faisait naître en moi
des désirs que je n'avais jamais ressentis jusque là. Sa main droite est
descendue sur mon sein, il continuait à déposer de petits baisers sur le bas de
mon cou tout en descendant vers ma poitrine. J’avais glissé ma main dans sa
chevelure et ma respiration s’était faite haletante.
Tout à coup, son étreinte se relâcha et il
me glissa « bonne nuit » au creux de l'oreille. Il sortit avec un petit
sourire en coin.
Une fois rentrée dans ma chambre, chose
très difficile à faire car mes jambes tremblaient d’excitation, je me suis
déshabillée et me suis glissée sous les couvertures. Je n'arrivais pas à
trouver le sommeil. Je pensais sans cesse à ce que Philippe m'avait dit lorsque
nous étions dans la baignoire, aux baisers que l'on avait échangés, à sa
langue, à ses doigts brûlants sur ma peau. Ça suffisait à rallumer ce feu en
moi. Ce n'était pas possible que quelqu'un comme lui soit tombé amoureux de
moi. Je me suis finalement endormie aux petites heures du matin après avoir
retourné tous les évènements de la veille dans ma tête et après avoir réussi à
me calmer, chose très difficile à faire lorsque l’on est frustré.
Le lendemain matin, j'ai réveillé Philippe
et je l'ai aidé à se préparer pour aller à Versailles. J'ai juste eu droit à un
rapide bonjour, un baiser sur la joue et puis il est parti comme un ouragan.
J'étais un peu triste, je me suis dit que
j'avais dû rêver ce qui s’était passé entre nous. Je devais me faire beaucoup
trop d'idées. Après tout, qu'est-ce que quelqu'un de son rang ferait avec moi,
pauvre Parisienne ? Peut-être à la limite pensait-il juste au sexe ?
Je savais que pas mal de nobles trouvaient du plaisir à se satisfaire sexuellement
avec des bonnes ou des femmes de la rue.
Il était parti rendre visite à son oncle.
Les nouvelles de la guerre l'intéressaient énormément. Il ne voulait pas
forcément y participer mais il trouvait cela utile de se tenir au courant de
l'actualité. En plus, il voulait rendre une brève visite à son ami Maximilien.
C’était le seul vrai ami qu’il avait, hormis moi, et qui faisait partie de la
noblesse. Il m’en parlait fréquemment et j’avais l’impression de le connaître
même si je ne l’avais jamais vu. Il était avocat et Philippe m’avait dit que
c’était un homme bien, que si jamais un jour j’avais un souci, il serait là
pour moi aussi. Parfois, quand il partait voir son ami, il emmenait un petit
coffret avec lui. Je ne savais pas à quoi cela servait et je ne lui ai jamais
posé la question.
Quand il est revenu, j'étais dans l'écurie
en train de donner à boire à Nuage. Il est arrivé par derrière sans faire de
bruit et m'a prise dans ses bras. Comme je ne m'attendais pas à cela, j'ai
lâché le seau d'eau qui s’est renversé à mes pieds et a mouillé le bas de ma
robe.
« Tu m'as fait peur ! Tu pourrais te
faire entendre quand tu arrives.
Il m'a regardée puis a rigolé.
- J'adore
quand tu t'énerves, tu es encore plus sexy » m'a-t-il lancé.
Il m'a pris la main et m'a emmenée vers le
tas de paille. Nous nous sommes allongés et il m'a raconté ce qu'il avait fait
à la capitale et à Versailles. Je l’écoutais avec attention, il avait toujours
une manière particulière de raconter ses histoires qui rendait les choses, même
insignifiantes, intéressantes.
Je me suis rendue compte en l’écoutant et
en le regardant que mon cœur battait toujours plus fort quand il était près de
moi. En fait, je l'aimais depuis longtemps, très longtemps et bien plus qu'un
simple ami. Mais je refusais de l’admettre de peur d’être rejetée à cause de
notre différence de rang.
Il s'est rapproché de moi et m'a embrassée.
Il m’a poussée contre la paille pour que je sois complètement allongée. Il
s’était mis sur moi et j’avais écarté instinctivement mes jambes pour qu’il
soit plus à l’aise. Ses lèvres se promenaient dans mon cou et il les fit
descendre jusqu'à ma poitrine.
« J'ai tellement envie de toi, Jori
que ça me rend fou.»
Ça, je le sentais très bien. Il avait mis
sa main sur mon sein.
- S'il
te plaît, arrête, Philippe ! On ne peut pas.
- Pourquoi
? Tu n’aimes pas ?
- Bien
sûr que si que j’aime quand tu me touches, là n'est pas la question. Moi aussi,
j'ai envie de toi. J'adore tes caresses. Tu fais frémir mon corps entier. Mais
je ne peux pas. Rien qu’à l’idée que dans quelques temps ta famille te mariera
à quelqu’un de ton rang, j’en suis triste à mourir. Franchement, j’envie cette
personne car je suis sûre que tu la rendras aussi heureuse que je l’ai été
toutes ces années à tes côtés. Je me dis que je devrais peut-être me réserver
pour mon futur mari.
Une larme roula sur ma joue. Il l’essuya
avec son index.
-
Et si j’étais ton futur mari ?
Je le regardais abasourdie, avais-je bien
entendu ?
- Il
n'est pas question que je me marie avec une de ces précieuses poupées qu'on
trouve dans la noblesse. Je ne veux que toi, Joriandre. Est-ce que tu voudrais
devenir ma femme ? »
Ses yeux brillaient d’excitation.
J'ai accepté sans trop réfléchir tout en
sachant très bien que c'était impossible. Et il m'a serrée dans ses bras. Nous
étions les personnes les plus heureuses de la terre. Nous étions couchés l'un
contre l'autre, lui sur le dos et moi sur mon côté. J'avais mis ma jambe entre
les siennes et avec ma main droite, je caressais sa poitrine. Sa peau était
douce, chaude, j’adorais la sensation de ses poils sur la paume de ma main. Je
n’avais qu’une seule envie : descendre ma main bien plus bas, dans son
pantalon, là où j’apercevais à nouveau cette bosse, mais intérieurement, je
priais pour que Madame La Comtesse n’arrive pas dans l’écurie et nous surprenne
ainsi enlacés.
Nous faisions des projets pour notre futur.
Il voulait au moins trois enfants et il avait déjà projeté de s'installer dans
la campagne parisienne. Comme cela, nous serions proches de la capitale tout en
n'y vivant pas. Le seul obstacle qu'il restait à franchir étaient les parents
de Philippe, autant dire un problème pratiquement insurmontable.
Il m'a dit qu'il irait demander ma main à
mon père dans une quinzaine de jours. Il m'a même glissé à l'oreille qu'il
avait trouvé une maison beaucoup plus grande pour lui et ma famille. J'étais
tellement heureuse à l'idée qu'ils allaient enfin avoir un peu d'espace pour
vivre tranquillement.
L'heure du dîner approchait alors nous
sommes rentrés. Les autres étaient déjà à table lorsque nous sommes arrivés
dans la cuisine. Dès que le repas fut terminé, nous nous sommes installés
confortablement dans le bureau. J’ai repris le livre que j’avais commencé à
lire la veille dans la bibliothèque pendant que Philippe lisait le journal. J’allais
continuer ma lecture de « Candide » de Voltaire quand Madame la
Comtesse est entrée dans la pièce sans même se donner la peine de frapper à la
porte et a demandé à mon ami de la suivre. Il s'est levé et est sorti de la
pièce en traînant les pieds. Elle l'a emmené dans la salle de séjour pour
discuter. Son mari était là aussi et comme d'habitude il ne disait rien.
Il préférait se laisser dominer par sa
femme. Marie-Louise (c'était le prénom de la comtesse) prit donc la parole.
« J'ai quelque chose à vous annoncer,
mon cher fils et je voudrais que vous ne m'interrompiez pas pour une fois. Vous
êtes un homme à présent et il faudrait songer à vous marier. Votre père et moi
vous avons laissé assez de temps pour batifoler, vous auriez déjà dû être marié
depuis un moment et avoir donné des héritiers à notre famille. Pour cela, nous
vous avons choisi une charmante jeune fille, bien éduquée. Elle s'appelle
Henriette et aura bientôt quinze ans. Je sais que c'est jeune mais nous avons
fixé la date de votre mariage au 15 septembre de l'année prochaine, soit le jour
de son seizième anniversaire, ainsi vous aurez largement le temps de faire
connaissance. Je suis sûre que vous formerez un couple charmant. Alors qu'en
pensez-vous ?
- Que
c'est ridicule, répondit Philippe, je n'épouserai pas cette fille parce que
j'ai déjà choisi ma future épouse. En plus, vous connaissant, elle doit
certainement avoir le même style de caractère que vous et je ne me marierai
jamais avec quelqu'un qui pourrait vous ressembler, Mère. Je préfère encore
mourir et aller pourrir en enfer.
- Peu
importe votre opinion, vous l'épouserez et c'est un ordre. Ses parents vous la
présenteront demain. J'espère que vous saurez vous tenir. En attendant, vous
pouvez retourner faire la lecture à votre putain de boniche.
- Ma
putain de boniche comme vous l’appelez vaut un milliard de fois plus que vous,
vous ne lui arriverez jamais à la cheville. »
Philippe sortit de la pièce en colère et en
claquant la porte. S'il avait pu, il aurait tué sa mère. Il est ensuite revenu
au bureau où je l'attendais impatiemment. A sa mine défaite, je savais que
quelque chose ne tournait pas rond.
« Qu'est-ce qui se passe Philippe ?
- Je
t'expliquerai demain. Pour l'instant, je vais dans ma chambre. J'ai besoin de
réfléchir. »
Il m'a embrassée sur les lèvres, m'a dit
qu'il m'aimait et est sorti. Je n'avais pas l'esprit tranquille quand je me
suis couchée. Je n’aimais pas quand il était dans cet état-là et qu’il ne voulait
pas parler.
Je me suis levée à l'aube comme chaque
jour. J'aimais beaucoup regarder le soleil qui se levait car il brillait
souvent de mille couleurs. J’ai vite enfilé une robe de couleur vieux rose avec
des manches longues, le décolleté qui était très plongeant était dissimulé en
partie par de la dentelle. Je me suis alors rendue à l'écurie pour m'occuper de
mon beau cheval noir. Philippe m'avait proposé de l'accoupler avec une superbe
jument, ce que nous avions fait et il m'avait promis de me donner le poulain
qui naîtrait prochainement.
Pierre m'a rejointe et m'a dit que François
l'envoyait me prévenir que je ne devais pas me déplacer pour réveiller le
maître. Il le ferait lui-même. Philippe voulait dormir plus longtemps. Je
trouvais ça très bizarre, d’habitude, il était le premier à vouloir se lever.
Vers 11 heures, alors que je terminais
d'abreuver les chevaux, Philippe est entré dans l'écurie avec pendue à son bras
une gamine aux longs cheveux noirs habillée comme une poupée. Elle avait une
robe magnifique en soie rose avec des broderies et des perles qui la
décoraient. Son décolleté laissait entrevoir une poitrine minuscule comparée à
la mienne. Philippe n’avait pas encore refermé les portes de l’écurie que je
l'entendais déjà râler. On aurait dit la mère de Philippe en modèle réduit. Mon
cœur s’est serré dans ma poitrine. La jalousie m’étreignait, j’avais envie de
la réduire en charpie. Comment osait-elle toucher Philippe ?
« Mais que fait-on dans l'écurie
Philippe, alors que Père et Mère nous attendent dans la salle de séjour ?
- Henriette,
fermez-la tant que je ne vous dis pas de parler. »
Il ne m'a fallu que quelques secondes pour
comprendre que sa mère lui infligeait une future épouse à la façon dont il lui
parlait. Je ne l’avais jamais vu aussi méchant sauf avec sa mère.
Il la prit par les bras et la fit asseoir de
force sur le tas de foin. Il la regardait avec un air menaçant.
« Vous vous asseyez là et vous ne
bougez pas, sinon je vous mets la fessée de votre vie. C’est moi le maître ici
et je ne supporte pas qu’on me désobéisse. »
La pauvre gamine avait l'air intimidée
voire terrorisée. Ça lui allait bien de jouer au méchant.
Il est venu près de moi. De là où elle
était, elle ne pouvait pas nous voir à cause de la palissade. Je n'avais jamais
vu Philippe aussi débraillé. Il avait mis un pantalon qui n'était pas très
propre, celui qu'il mettait pour monter à cheval et qui était constellé de
traces en tout genre et sa chemise blanche qui était pleine de taches douteuses
était restée ouverte sur sa poitrine légèrement velue.
En plus, elle pendait en dehors de son
pantalon. Il n'avait même pas pris la peine de se raser. Vu sa tenue, j'étais
certaine qu'il faisait tout pour que cette charmante personne prenne ses jambes
à son cou. Mais moi, il me plaisait aussi ainsi. Il avait un air un peu
bestial. J’avais envie de passer ma main sur sa barbe naissante avant de lui
arracher ses vêtements.
Arrivé à ma hauteur, il m'a prise dans ses
bras et m'a embrassée.
« Quand je ne suis pas avec toi, tu
me manques toujours tellement. »
Il m'a expliqué l'idée de sa mère et m'a
juré qu'il trouverait un moyen pour qu'on reste à deux pour la vie. Nous avons
sellé les chevaux et nous sommes partis nous promener dans les bois et la
campagne environnante en laissant Henriette seule à l’écurie. Il avait emmené
une couverture et nous avons passé l'après-midi à pique-niquer et à discuter
soit main dans la main en nous promenant, soit allongés l’un contre l’autre sur
la couverture.
J’avais fermé les yeux et je laissais le
soleil baigner mon visage tout en écoutant la voix de Philippe lorsque ses
lèvres se sont posées sur les miennes. Doucement d’abord puis il glissa sa
langue dans ma bouche et caressa la mienne avidement. Il la suçait, me
mordillait la lèvre inférieure avant de reprendre possession de ma bouche et de
ma langue. Il envoyait des ondes de plaisir dans tout mon corps. J’avais
l’impression que toutes les sensations qui m’envahissaient se dirigeaient vers
mon bas ventre. J’avais posé la main sur son visage car j’aimais la sensation
de sa barbe naissante sur mes doigts. Tout en m’embrassant, sa main s’était
posée sur mon sein, il avait glissé ses doigts dans mon décolleté et avait
sorti mon sein de ma robe. Il le malaxait, le soupesait, jouait avec le téton
durci entre son pouce et son index. Je gémis dans sa bouche. Je savais ce qu’il
voulait faire et je ne voulais plus l’arrêter. C’était lui que je voulais, il
fallait qu’il soit le premier à poser ses mains sur moi. Il s’était mis sur moi
et avait glissé ses jambes entre les miennes. Il relâcha ma bouche et se
dirigea lentement vers mon sein en déposant une multitude de baiser sur le
trajet entre mon cou et ma poitrine. Il s’empara de mon téton avec les dents et
il suça le bout, le taquina avec sa langue, et puis de nouveau doucement avec les
dents. J’aurais pu mourir de plaisir entre ses mains. Je sentais déjà mon
ventre se contracter rien qu’à l’idée de ce qu’il me ferait bien plus bas. Une
de ses mains avait d’ailleurs déjà trouvé le chemin sous ma robe. Il me
caressait le genou et remontait doucement, tout doucement sa main le long de ma
cuisse. Ses doigts trouvèrent mon entrejambe.
« Ma chérie, je crois que tu es déjà
toute prête pour moi ! me chuchota-t-il à l’oreille. Il inséra un doigt et
mon corps se cambra sous l’effet qu’il me procurait.
« Tu es si humide, si chaude, juste
pour moi. »
Il le faisait glisser dedans, dehors, puis
il taquinait mon clitoris, m’envoyant des décharges électriques dans tout le
corps. Il se redressa un peu pour pouvoir enlever son pantalon. Je l’ai regardé
dans les yeux, je me suis redressée et j’ai approché ma main de la fermeture.
J’ai défait le lacet de son pantalon et j’ai caressé l’énorme bosse qu’il
cachait. Un son rauque sortit de sa gorge et il retira d’un trait son pantalon
libérant son sexe dressé d’une taille assez impressionnante. Je me demandais
d’ailleurs comment il allait s’arranger pour faire rentrer tout ça. J’avais un
peu peur mais je savais qu’il serait tendre avec moi. Je fis glisser ma main de
haut en bas le long de son membre. Il était dur et tellement large que je
n’arrivais pas à en faire le tour avec mes doigts mais sa peau était si douce
surtout à son extrémité. J’ai approché ma tête et j’ai passé ma langue sur son
gland. Je voulais le goûter. Il me regarda tout étonné de ce que j’osais faire.
Puis je l’ai pris dans ma bouche et j’ai commencé à le sucer avidement. Il se
mit à gémir tout en guidant le rythme de ma tête avec sa main. J’aimais son
goût salé, et j’adorais la sensation que ça me procurait de le sentir
profondément dans ma bouche. J’étais très contente de savoir que je pouvais lui
faire énormément de bien. Je me sentais quelque part fière de moi.
Il stoppa soudainement ma tête. Je me
demandais pourquoi il m’arrêtait, alors avec ma langue je taquinais le bout de
son gland.
« Arrête Joriandre, si tu continues
comme ça, je vais jouir dans ta bouche.
-
Et ce n’est pas bien ? lui demandai-je un peu anxieuse à l’idée
qu’il n’aimait pas ce que je lui faisais.
-
Oh si, ce serait même génial mais pour ta première fois, je voudrais
vraiment m’enfoncer en toi et jouir en toi. »
Je l’ai regardé droit dans les yeux, il
avait l’air à bout de souffle tellement il essayait de se contrôler. Je lui ai
lancé un grand sourire. J’étais tellement heureuse en ce moment, de savoir
qu’il serait bientôt en moi.
Il s’est alors jeté sur moi et m’a
rallongée sur la couverture.
« Je me dois de te rendre la pareille
mon amour. »
Il releva ma robe doucement et déposa plein
de baisers le long de mes jambes en remontant vers mon bas-ventre. Je me suis
soudain sentie gênée et exposée à l’idée
qu’il allait mettre la langue à cet endroit-là. J’avais envie de refermer les
jambes mais sa tête était déjà entre mes cuisses et avant que je puisse dire
quoi que ce soit il déposait un baiser sur ma toison. Puis sa tête s’est
dirigée un peu plus bas, sa langue me caressait à l’endroit le plus sensible de
mon anatomie. Je ne pus m’empêcher de gémir. Il avait réinséré un doigt entre
mes lèvres humides et titillait mon clitoris avec sa langue. Une tension à
laquelle je n’étais pas habituée s’accumulait en moi, je me sentais prête à
exploser et effectivement, j’étais tellement sensible qu’il ne lui a fallu que
quelques coups de langue pour me faire atteindre l’orgasme. C’était la première
fois que je ressentais quelque chose comme ça, mon corps entier était secoué
par des spasmes. Je ne pouvais pas m’empêcher de pousser des petits cris et
j’avais mis ma main sur ma poitrine pour calmer les battements de mon cœur et
reprendre mon souffle. Philippe s’est placé entre mes jambes sans que je m’en
rende vraiment compte, il a approché sa bouche de mon oreille et m’a
chuchoté :
« Si tu savais ce que ça me fait quand
tu cries comme ça pour moi.
Il était en appui sur ses coudes.
- Mets
tes jambes autour de ma taille. »
Je me suis exécutée au plus vite, j’avais
tellement envie de plus, envie de le sentir au plus profond de moi mais en même
temps, j’avais un peu peur de ces sensations divines que je n’avais jamais
éprouvées et qui étaient nouvelles pour moi. J’étais aussi un peu effrayée car
je savais, vu la taille du membre de Philippe, que ce qui allait suivre ne
serait pas sans douleur.
Il a déposé plein de baisers partout sur
mon visage, pendant qu’il se positionnait correctement à l’entrée de mon point
le plus chaud et le plus humide. Il se glissa juste un peu en moi avant d’être
tout de suite arrêté par la barrière de mon hymen.
« Tu es sûre de ce que tu
veux mon amour ? Après il sera trop tard pour m’arrêter, on ne pourra plus
revenir en arrière.
-
Oh oui Philippe, je veux être à toi. Je veux te sentir en moi. Viens
s’il te plaît. »
J’avais passé mes bras autour de son cou.
Il m’embrassa passionnément, sauvagement,
il mordilla ma lèvre inférieure avant de reprendre possession de ma bouche avec
sa langue pour me distraire et il me pénétra d’un coup de reins puissant. J’ai
resserré l’étau de mes jambes et de mes bras autour de lui. Mon petit cri de
douleur se perdit dans sa bouche au moment où mon hymen se déchira. Il
s’immobilisa. Il attendait que mon corps s’habitue à la présence du sien à
l’intérieur. Il me remplissait pleinement. Puis il s’est mis à se mouvoir entre
mes cuisses très lentement d’abord pour s’assurer qu’il ne me faisait pas mal.
Lorsqu’il vit à mon expression que la douleur avait disparu, il accéléra la
cadence jusqu’à ce que j’atteigne à nouveau l’orgasme. Pendant que mon corps se
calmait des secousses déclenchées par ma jouissance, Philippe s’enfonça encore
deux fois très profondément en moi avant de s’immobiliser ayant trouvé sa
libération et se déversant en moi en poussant un petit son guttural qui me fit
frissonner. Il avait posé son front sur le mien et me regardait avec un énorme
sourire et plein d’amour dans le regard. Nous étions tous les deux essoufflés
tellement c’était intense.
« Ça va mon amour ? Ce n’est pas
trop douloureux ?
-
Non, ne t’inquiète pas, c’était waow. Je n’ai pas de mot pour décrire
ça. On recommence quand tu veux.
-
Dans cinq minutes alors, le temps
que je récupère un peu. Tu m’as mis en appétit. »
Et il s’est à nouveau jeté sur moi un
sourire coquin au coin des lèvres et a recommencé à me caresser et à
m’embrasser.
Quand nous sommes rentrés, il était déjà
l'heure du dîner et cette chère Henriette et ses parents étaient repartis à
notre grand bonheur.
Nous étions en train de manger quand la
mère de Philippe a brusquement ouvert la porte de la cuisine. Tous les
domestiques se sont levés sauf Philippe et moi.
« Eh bien mon fils, auriez-vous oublié
la politesse ?
- Non,
Mère. Je ne me lève que pour les personnes que je respecte. Et vous n'en faites
pas partie. Alors dépêchez-vous de cracher votre venin que nous puissions terminer
notre repas tranquillement.
- Très
bien, lança-t-elle, votre date de mariage est fixée comme prévu au 15 septembre
de l’année prochaine. Peu importe votre tenue d'aujourd'hui car vous n'avez pas
réussi à la faire fuir. J'ai arrangé l'affaire avec ses parents.
- Je
n'accepterai qu'à une seule condition, Mère. (Je le regardais incrédule) Je
veux qu'on me construise une petite demeure à mi-chemin entre Versailles et
Paris où je vivrai seul avec mes domestiques jusqu'à l'année prochaine sans
jamais voir une seule fois la tête d'Henriette. Si vous n'êtes pas d'accord,
vous pouvez faire une croix sur le mariage parce que j'utiliserai tout ce qui
est en mon pouvoir pour que ce mariage n'ait jamais lieu. Et s'il le faut
j'irai jusqu’ à me tuer pour ça ou mieux encore, tout simplement la tuer car je
suis certain que ce ne sera pas une grande perte pour la France. Encore une
petite chose, Mère, la maison doit être prête pour la fin du mois de
mai. »
Madame la Comtesse sortit contrariée et
humiliée de la pièce par ce fils qui osait lui tenir tête. Le fait qu'elle
n'ait pas répondu signifiait que Philippe aurait ce qu'il avait demandé.
Je me demandais où il voulait en venir avec
cet ultimatum qui ne m’avait franchement pas plu du tout et il m'a expliqué que
c'était un moyen de gagner du temps. De toute façon, ultimatum accepté ou pas,
il ne comptait pas épouser cette petite peste d’Henriette. Il préférait mourir
plutôt que de devoir supporter toute sa vie une personne comme elle, fausse,
hautaine et qui ressemblait si fort à sa propre mère. Pour couronner le tout,
elle avait un petit pois à la place du cerveau et Philippe adorait discuter
d’égal à égal et échanger des points de vue. Elle était totalement incompatible
avec lui.
Le lendemain matin, il est parti à la recherche
d'un terrain pour bâtir notre petite maison. Et il a trouvé un superbe coin
pour deux jeunes mariés qui veulent leur tranquillité. Il y avait un bois à
proximité et partout ailleurs ce n'étaient que des champs à perte de vue. Les
travaux ont commencé dès le lendemain de l’achat du terrain et évidemment ils
étaient très nombreux à travailler sur ce bâtiment. Madame La Comtesse voulait tellement
que son fils s’en tienne à sa promesse qu’elle honorerait le délai imparti. Ils
avaient un peu moins de deux mois pour finaliser la construction. Philippe a
jeté un coup d'œil aux plans, a donné son approbation et le tour était joué.
D'après les ouvriers, la maison serait achevée sans problème pour la fin mai.
Le 17 avril au matin, alors que j'étais à
la cuisine occupée à discuter avec Catherine, Philippe est passé en coup de
vent. Il m'a attrapé la main et m'a emmenée dehors.
« Où va-t-on Philippe ? Tu as l’air
bien pressé.
- Tu
le verras quand on y sera, mon amour. »
Il m'a aidée à grimper sur Eden tout en
prenant un malin plaisir à me caresser les fesses et est monté derrière moi.
« Pourquoi est-ce que je ne prends pas
Nuage ? Je sais parfaitement monter à cheval.
- Parce
que j'adore t'avoir entre mes bras pour t'embrasser la nuque ou encore te faire
ce genre de choses.
Il me colla à sa poitrine et glissa sa main
dans mon corset. Il me caressa le sein avant de prendre mon téton durci entre
son pouce et son index. Mon corps réagissait à une vitesse folle. Il était
affamé de ses caresses. Il le titillait et je sentais son excitation grandir
contre mes fesses. Je me pressais davantage contre son entrejambe. Il gémit et
chuchota à mon oreille :
« Si tu savais ce que j’ai envie de te
faire mon amour mais c’est dommage qu’on soit pressé, sinon je m’arrêterais bien
dans un bois pour t’emmener au Paradis. »
Eden galopait tellement vite que mes
cheveux partaient dans tous les sens. Je n'avais même pas eu le temps de les
attacher. Arrivés à Paris, quand j'ai vu la direction qu'il avait prise, j'ai
tout de suite su qu'on allait voir mon père. Une charrette attendait devant la
porte de la maison et tous mes frères et sœurs
le regardaient et tournaient autour. Nous sommes descendus de cheval et
quand les enfants nous ont vus, ils se sont précipités vers nous en criant. En
entendant le vacarme, mon père est sorti pour voir ce qui se passait. Philippe
s'est approché de lui et l'a salué.
« Monsieur, si je viens vous voir
aujourd'hui, c'est parce que j'ai l'immense honneur de vous demander la main de
votre fille aînée. Dans l'espoir de vous avoir pour beau-père et afin que vous
sachiez toute l’estime que j’ai pour vous, je voudrais que vous acceptiez ce
petit cadeau.
Et il lui tendit une clef.
- Tous
les cadeaux du monde ne pourront acheter ma fille, jeune homme. Elle est libre de choisir l'homme qu'elle
épousera et je me contenterai de bénir son union. Il se tourna vers moi. C'est
lui que tu as choisi, Joriandre ?
Je lui ai fait signe oui avec la tête un
immense sourire aux lèvres.
- Dans
ce cas, a-t-il repris, je vous confie ma fille. Prenez-en bien soin. Elle est
ce que j'ai de plus cher.
- Je
n'y manquerai pas, Monsieur. »
Philippe a donné la clef à mon père et lui
a dit de monter dans la charrette avec les enfants.
Nous sommes ressortis de Paris en direction
de Suresnes. Nous nous sommes arrêtés devant une jolie petite maison de
campagne. Philippe l'a montrée du doigt et a lancé à mon père:
« Elle est à vous, ainsi que ces
quelques hectares de terre que vous pourrez utiliser comme bon vous
semble. »
Il a donné quelques ordres à l’homme qui
conduisait l’attelage et puis nous les avons laissés admirer la maison à leur
aise. Mon père était tellement heureux qu'il avait les larmes aux yeux. Le
cocher les reconduirait et les aiderait à transférer leurs affaires.
Avant de rentrer chez lui, Philippe m'a
emmenée voir où nous habiterions. Le terrain se trouvait plus ou moins à la
même distance entre Suresnes, Versailles et Paris. Il était vraiment bien
situé. Cela faisait presque 15 jours que les ouvriers avaient commencé le
travail. La construction progressait petit à petit. Nous pourrions emménager
dans les temps.
Nous sommes ensuite rentrés chez ses
parents. Quand nous sommes arrivés, il m'a dit de monter et de l'attendre dans
sa chambre. Il est revenu quelques instants plus tard avec Catherine. Elle
avait en main une superbe robe rouge qu'elle avait confectionnée pour une
grande occasion. Elle la déposa dans les bras de Philippe et sortit. Il se
tourna vers moi.
« Prends les chaussures sous le lit,
une brosse à cheveux et viens avec moi. Je t'expliquerai en chemin. Nous allons
essayer de changer les plans de ma mère. » Il arborait un petit sourire
machiavélique.
Je me suis exécutée et je l'ai suivi
jusqu'à l'écurie.
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